DEL TORO GUILLERMO (1964- )

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Une poésie de l’horreur

Il se fait remarquer avec son premier long métrage d’horreur Cronos (1993), réalisé au Mexique. Parmi les acteurs du film, on note déjà la présence de Ron Perlman, à qui il restera fidèle (quatre films, une série télévisée et de nombreuses productions), et de Claudio Brook, qui tenait le rôle principal de Simon du désert (Simón del desierto, 1965), ce qui souligne la parenté d’inspiration qui lie del Toro à Luis Buñuel. Par ailleurs, la prédilection pour le fantastique et le merveilleux y est déjà en place, ainsi qu’un bestiaire très reconnaissable, terrifiant mais aussi charmeur, voire divertissant, et toujours poétique, qui se caractérise par une prédilection pour les variations sur les formes d’insectes ou de batraciens. Artiste complet, del Toro dessine lui-même ses créatures avant qu’elles ne soient réalisées par les spécialistes des effets spéciaux.

Cette réussite lui vaut de débuter aux États-Unis avec un film à gros budget, Mimic (1997), où les monstres sont déjà des insectes prédateurs. Bien que le réalisateur ait déploré les interventions intempestives de la production, son succès lui assure une place solide à Hollywood. Pourtant, Guillermo del Toro va choisir l’Espagne et un budget bien plus modeste pour son film suivant, L’Échine du diable (El espinazo del diablo, 2001), qui porte définitivement sa marque personnelle : elle consiste à mêler un imaginaire fantastique débridé à un contexte historique précis et méticuleusement recréé. En effet, c’est en 1939, dans un oppressant orphelinat espagnol, que se déroule une histoire de fantômes plus romantique que réellement terrifiante : le décor devient une métaphore de la situation politique vécue par l’Espagne d’après la guerre civile. Le franquisme est également le cadre du Labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno, 2006, également tourné en Espagne), où la dénonciation du f [...]


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Écrit par :

  • : historien du cinéma, maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, membre du comité de rédaction de la revue Positif

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Pour citer l’article

Christian VIVIANI, « DEL TORO GUILLERMO (1964- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillermo-del-toro/