OCKHAM GUILLAUME D' (1290 env.-env. 1349)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le « venerabilis inceptor »

Né à Ockham, dans le Surrey, Guillaume devient franciscain à une date que nous ignorons. Étudiant à Oxford, il y commente le Livre des sentences de Pierre Lombard entre 1318 et 1320. Il ne sera jamais maître en théologie, mais seulement inceptor, c'est-à-dire simple candidat à la maîtrise, titre qu'on interprétera ensuite en appelant Guillaume le « vénérable initiateur », pour souligner ses novations résolues en ce qui concerne la théorie de la connaissance. C'est en 1324 que ses études sont interrompues ; sur la dénonciation du chancelier de l'Université, John Lutterel, il est convoqué à Avignon, où le pape cahorsin Jean XXII combat sur plusieurs fronts avec une vive ardeur. Au moment même où les franciscains le poussent à condamner Eckhart, que soutiennent les dominicains, le pape ordonne une enquête sur certaines propositions enseignées par Ockham à Oxford. Mais le problème se déplace bientôt. Les juges trouvent sans doute quelque peu incongrues les formules de Guillaume dans le domaine gnoséologique, et les conséquences théologiques qu'il paraît en tirer. Mais sur ce point aucune condamnation formelle n'interviendra. Entre-temps, au cours de son séjour de quatre ans à Avignon, Ockham s'est lié à la fraction de son ordre qui défend contre le pape la pauvreté intégrale telle que l'avait voulue saint François, notamment au juriste Bonagrazia et au ministre général des Frères mineurs, Michel de Césène. Le paradoxe de l'affaire est que ces «  spirituels », pour mieux défendre leur cause, vont se faire les alliés, et même bientôt les agents, de Louis de Bavière dont Jean XXII refuse la désignation comme empereur et qui pourtant se fait couronner à Rome par un groupe de syndics, annonce la prochaine déposition de Jean et va faire élire par des cardinaux à sa dévotion l'antipape franciscain Nicolas V.

Ockham suit Césène, rompt avec Avignon et rejoint le Bavarois, d'abord à Pise, puis à Munich. Avec l'averroïsant Marsile de Padoue (dont les visées laïcisantes lui son[...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-I
  • : agrégée de l'Université, docteur ès lettres, professeur et directeur du département de philosophie à l'université de Paris XII-Créteil

Classification


Autres références

«  OCKHAM GUILLAUME D' (1290 env.-env. 1349)  » est également traité dans :

BURIDAN JEAN (1300 env.-apr. 1358)

  • Écrit par 
  • Francis RUELLO
  •  • 454 mots

Recteur de l'université de Paris en 1328 et en 1340, commentateur d'Aristote et logicien. L'enseignement en logique de Jean Buridan (Summulae logicae) dépend de celui de Pierre d'Espagne et de celui d'Ockham. S'il reçoit du premier la distinction entre la « signification » d'un nom […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-buridan/#i_12248

DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

  • Écrit par 
  • Maurice de GANDILLAC
  • , Universalis
  •  • 6 225 mots

Dans le chapitre « Éthique, sociologie et politique »  : […] Dieu et ce qui relève seulement de sa « puissance ordonnée ». Ni pour Duns Scot ni pour Ockham, la liberté du Tout-Puissant n'implique assurément que ses décisions puissent contrevenir au principe de non-contradiction et que, par exemple, il nie sa propre essence en voulant le mal, ni davantage qu'ayant prescrit un vrai bien il le déclare ensuite […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-duns-scot/#i_12248

DURAND DE SAINT-POURÇAIN (entre 1270 et 1275-1334)

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 885 mots

Dominicain malmené, pour ses prises de position antithomistes, par son ordre officiellement rangé derrière l'Aquinate, Durand, né à Saint-Pourçain (actuellement Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier), est en 1303 au couvent parisien des Frères prêcheurs. Élève de Jacques de Metz, lui-même dominicain non rallié au thomisme, il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/durand-de-saint-pourcain/#i_12248

IDÉALISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 497 mots

Dans le chapitre « Malebranche »  : […] assurer la communication des substances est sans doute la seule solution possible dans le cadre d'une ontologie occamienne. L'isolement cartésien des substances et le rejet des formes ou qualités substantielles dérivent du nominalisme occamien (Omne quod est est singulare : seuls existent les individus qui sont non reliés). De même, la version […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/idealisme/#i_12248

LOGIQUE

  • Écrit par 
  • Robert BLANCHÉ, 
  • Jan SEBESTIK
  •  • 12 996 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Développement historique »  : […] la philosophie d'Aristote à l'exposé des dogmes chrétiens. Plus hardis, les autres reprennent, sous l'impulsion de Guillaume d'Ockham, princeps nominalium, la conception d'une logique autonome, maintenue sur le plan formel de l'expression linguistique. À l'exception de Walter Burleigh, c'est à cette seconde tendance qu'appartiennent, après […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/logique/#i_12248

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 22 370 mots

Dans le chapitre « Retour à la sémiotique »  : […] intentio prima porteuse de toute une psychologie intentionnelle –, Guillaume d'Ockham formulait une théorie générale de la signification analogue à la conception baconienne de la connotation liant les uns avec les autres les mots, leurs « espèces » et les « espèces » des choses. Il faut montrer rapidement qu'il n'en est rien et que cette […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_12248

NOMINALISME

  • Écrit par 
  • Paul VIGNAUX
  •  • 3 602 mots

de doctrines entre lesquelles l'assimilation semble purement nominale. Pour faire face à cette difficulté dans les limites d'un court article, on a choisi au Moyen Âge un nominalisme typique : celui de Guillaume d'Ockham, au xive siècle, désigné à l'attention par l'importance croissante que lui donnent les études contemporaines. Une fois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nominalisme/#i_12248

UNIVERSAUX, philosophie

  • Écrit par 
  • Jean JOLIVET
  •  • 840 mots

La question des universaux est posée (mais non résolue, par dessein exprès de l'auteur) dans l'Introduction (Eisagogè) de Porphyre (iiie s.) à la Logique d'Aristote : les genres et les espèces existent-ils réellement ou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/universaux-philosophie/#i_12248

Voir aussi

Pour citer l’article

Maurice de GANDILLAC, Jeannine QUILLET, « OCKHAM GUILLAUME D' (1290 env.-env. 1349) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-d-ockham/