GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)Le rôle des colonies

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Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914

Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914
Crédits : Gusman/ Leemage

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Fête du mouton à Clichy, 1917

Fête du mouton à Clichy, 1917
Crédits : collection Valois/ BDIC

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Travailleurs annamites, 1916

Travailleurs annamites, 1916
Crédits : Piston/ Excelsior – L'Equipe/ Roger-Viollet

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Français et « coloniaux » : des relations ambivalentes marquées par le paradigme de la race

L’emploi des soldats et des travailleurs coloniaux s’inscrit dans un contexte racialiste, répandu à l’époque, qui attribue à certaines « races » des qualités guerrières ou professionnelles particulières. Français et Britanniques recrutent ainsi leurs troupes avant tout parmi les « races guerrières » (martial races). Les premiers utilisent fréquemment les Noirs africains comme troupes de choc et placent les Nord-Africains dans des situations de combat direct alors que les Malgaches et les Indochinois ont essentiellement une fonction d’appui. Dans bien des cas, des responsables français insistent sur les prétendues « barbarie » et « sauvagerie » des Sénégalais ou des Marocains.

Il n’est pas question de mélanger indifféremment les contingents de toutes origines au sein des mêmes unités. Pour des raisons pratiques (nourriture, statuts, langue, etc.), les hommes sont donc regroupés selon leur origine nationale ou ethnique, la présence des Européens se limitant en général à l’encadrement. Toutefois, les unités indigènes sont le plus souvent combinées à des troupes françaises voire à des contingents des armées alliées sur le front de France comme sur celui d’Orient. Ainsi, en avril 1917, les Algériens participent à la défense d’Amiens avec les Australiens de l’armée britannique.

Pour autant, le quotidien des combattants d’outre-mer ne diffère guère de celui de leurs camarades français. Ils partagent les mêmes épreuves du feu sur le front occidental (Verdun) ou sur des théâtres périphériques (Dardanelles), les mêmes conditions de (sur)vie dans les tranchées sans oublier l’expérience de la captivité (au moins 7 000 Algériens musulmans sont faits prisonniers). En revanche, les indigènes ne sont que très rarement promus officiers (environ 250 Algériens et quelques dizaines d’Africains) et ne bénéficient qu’à la marge des permissions, d’abord en raison de l’éloignement de leur terre d’origine et des difficultés de transport ; ensuite, parce que le commandement craint les effets des récit [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université des pays de l'Adour, laboratoire Identités, territoires, expressions, mobilités

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Laurent DORNEL, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Le rôle des colonies », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-le-role-des-colonies/