GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)Le rôle des colonies

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Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914

Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914
Crédits : Gusman/ Leemage

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Fête du mouton à Clichy, 1917

Fête du mouton à Clichy, 1917
Crédits : collection Valois/ BDIC

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Travailleurs annamites, 1916

Travailleurs annamites, 1916
Crédits : Piston/ Excelsior – L'Equipe/ Roger-Viollet

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Des milliers de bras au service de l’économie de guerre

La durée du conflit entraîne l’intensification de la double ponction économique et démographique sur les colonies. Celles-ci financent l’effort de guerre par des souscriptions, une sous-évaluation des prix à l’exportation, des avances financières au Trésor français, tandis que de nombreuses productions sont réquisitionnées ; toutefois, leur apport économique demeure modeste puisqu’on estime qu’entre 1915 et 1918 elles auraient contribué pour 2,7 p. 100 aux emprunts de la Défense nationale. Cela étant, la métropole peut se réjouir de ce que les colonies ne lui aient rien coûté pendant le conflit. Le bilan économique est très variable de l’une à l’autre. Pour l’Indochine et les Antilles, il est plutôt positif ; au Maghreb, la Tunisie connaît une série de bonnes récoltes ; en revanche, la situation économique de l’AOF et de l’AEF se dégrade. Cependant, il semble que la ponction la plus marquante soit principalement démographique.

Très tôt, en effet, la pénurie de main-d'œuvre s’impose comme l’une des préoccupations essentielles pour les autorités politiques et militaires, mais aussi pour l’ensemble des entrepreneurs. La féminisation du marché du travail et l’emploi des prisonniers de guerre ne compensent que partiellement le manque de bras, d’où un recours massif aux travailleurs étrangers et coloniaux, ces derniers étant recrutés en Algérie (près de 80 000), au Maroc (35 000), en Tunisie (18 500), en Indochine (49 000) ou encore à Madagascar (5 500). En outre, à partir des concessions françaises, sont embauchés 37 000 Chinois, qui ne sont pas des coloniaux, mais sont gérés comme tels par les autorités françaises. À ces quelque 225 000 travailleurs, il faudrait ajouter la partie des contingents sénégalais et indochinois considérés comme impropres au combat et classés « bataillons d’étapes », qui constituent une sorte d’armée de manœuvres, d’infirmiers et de brancardiers. Enfin, les Britanniques font également venir dans le Pas-de-Calais et la Somme surtout, à l’arrière de le [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université des pays de l'Adour, laboratoire Identités, territoires, expressions, mobilités

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Laurent DORNEL, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Le rôle des colonies », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-le-role-des-colonies/