GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)Le rôle des colonies

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Un recours massif aux soldats coloniaux

Au cours du xixe siècle, les Européens, qui s’appuient tous sur des auxiliaires africains ou asiatiques pour mener à bien leurs conquêtes coloniales, sont réticents à utiliser ces auxiliaires dans les affaires intra-européennes. Cette unité de vue se fissure au début du xxe siècle avec le projet du général Mangin, qui avait servi le capitaine Marchand lors de la mission Congo-Nil et qui connaissait donc bien les tirailleurs sénégalais. Lorsqu’il paraît en 1910, son ouvrage, La Force noire, fait l’effet d’une bombe : Mangin propose de lever une armée africaine qui serait cantonnée en Afrique du Nord et qui serait ainsi disponible pour combattre sur le continent européen. C’est la première fois qu’est sérieusement envisagé le recours en Europe à des troupes formées d’« indigènes ». À la veille de la guerre, l’armée française compte environ 135 000 indigènes, presque tous employés outre-mer et répartis entre l’armée d’Afrique, liée à la conquête de l’Algérie et plus globalement à l’Afrique du Nord, et les troupes coloniales, héritées des anciennes « troupes de marine » et qui ont contribué à la conquête de vastes territoires en Afrique et en Asie. À la fin de la guerre, on en compte quatre fois plus : au total, quelque 180 000 hommes sont levés en Afrique-Occidentale française (AOF) et Afrique-Équatoriale française (AEF), 270 000 en Afrique du Nord, 49 000 en Indochine et 41 000 à Madagascar. Ainsi, outre quelque 130 000 Français d’outre-mer mobilisés (Français des colonies, Créoles des vieilles colonies, Français d’Afrique du Nord), ce sont environ 600 000 combattants indigènes qui sont mobilisés dans les troupes coloniales, soit 1 p. 100 de la population coloniale. Mais, en réalité, seulement 134 000 Noirs et 158 000 Algériens musulmans rejoignent la France ou le front d’Orient pour y combattre en tant que « tirailleurs » sénégalais, annamites et malgaches, spahis ou encore zouaves nord-africains. Encore faut-il préciser que sur les quelque 130 000 tirailleurs sénégalais, 30 000 sont arrivés à la fin de 1918 et n’ont pas comba [...]

Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914

Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914

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Cette photo qui rend hommage à l'engagement des troupes coloniales en métropole connut une large diffusion, notamment sous forme de carte postale. On y voit des vendangeuses offrant du raisin à des tirailleurs sénégalais qui montent au front. Elle témoigne également de l'accueil que la... 

Crédits : Gusman/ Leemage

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Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914

Tirailleurs sénégalais en Champagne, 1914
Crédits : Gusman/ Leemage

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Fête du mouton à Clichy, 1917

Fête du mouton à Clichy, 1917
Crédits : collection Valois/ BDIC

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Travailleurs annamites, 1916

Travailleurs annamites, 1916
Crédits : Piston/ Excelsior – L'Equipe/ Roger-Viollet

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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université des pays de l'Adour, laboratoire Identités, territoires, expressions, mobilités

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Laurent DORNEL, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - Le rôle des colonies », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-le-role-des-colonies/