GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE)La santé aux armées

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Organisation sanitaire

Au cours du xixe siècle, dans la plupart des armées nationales ont été mis en place des services de santé, outils médico-militaires chargés de la préservation de la santé et de l’hygiène des troupes. En temps de guerre, ces dispositifs, qui intègrent des compétences médicales, chirurgicales et hygiénistes, ont vocation à exercer une fonction prophylactique destinée à la protection de l’armée et de la nation contre les maladies contagieuses, et à organiser la prise en charge, le triage, le transport, l’hospitalisation et le soin des blessés. Au cours des décennies qui précèdent la Grande Guerre, fruit d’une professionnalisation, le corps médical militaire a obtenu la responsabilité du service de santé, à tous les échelons de la hiérarchie, gagnant ainsi en reconnaissance et en autorité.

Au début du xxe siècle, les services de santé tirent les enseignements sanitaires des récentes campagnes militaires : effets de l’armement moderne sur les corps, modalités de l’intervention préventive et thérapeutique, organisation de la chaîne de soins. Pour les Britanniques, l’intervention en Afrique du Sud (1899-1902) constitue un coup de semonce à cause de la violente épidémie de fièvre typhoïde qui décime les troupes. Elle confirme le credo des services de santé de l’époque, à savoir que, dans la guerre, la maladie tue infiniment plus que le feu. La guerre russo-japonaise de 1904-1905 est suivie par tous les observateurs occidentaux qui voient dans l’organisation japonaise de la chaîne d’évacuation des blessés une supériorité décisive contribuant à limiter la mortalité des soldats et, à terme, à la victoire du Japon sur la Russie. Ce conflit, comme les guerres balkaniques de 1912-1913, met aussi en valeur la prééminence de l’artillerie de petit calibre – en Mandchourie, 85 p. 100 des blessures sont dues aux balles de fusil – et des nouvelles formes d’atteintes aux corps qu’elle provoque. Grâce à sa vitesse et à sa taille, la balle de petit calibre causerait des blessures de moindre gravité et garantirait des plaies a [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 8 pages

Écrit par :

  • : professeure d'histoire de la médecine et de la santé à l'université de Strasbourg

Classification

Voir aussi

Pour citer l’article

Anne RASMUSSEN, « GUERRE MONDIALE (PREMIÈRE) - La santé aux armées », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-mondiale-premiere-la-sante-aux-armees/