GUERRE DE CENT ANS

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Un héritage contesté : le royaume de France

Pendant longtemps, les historiens ont vu dans la guerre de Cent Ans la conséquence d'une querelle dynastique compliquée par un conflit féodal. Ce dernier remontait au mariage d'Henri Plantagenêt avec Aliénor d'Aquitaine, répudiée par le roi de France Louis VII (1152). Devenu en 1153 roi d'Angleterre, Henri II était plus puissant que le roi de France, dont il était le vassal pour divers fiefs, dont la Normandie, le Maine, l'Anjou, l'Aunis, la Saintonge, la Guyenne.

Après de nombreuses luttes, Philippe Auguste reprit au roi d'Angleterre, au début du xiiie siècle, la majeure partie de ses possessions françaises. Par le traité de Paris (1259), Saint Louis avait rendu certains territoires et lui avait reconnu la jouissance de la Guyenne en fief, pour lequel le roi d'Angleterre devait prêter au roi de France l'hommage du vassal au suzerain. Mais, tandis que les souverains d'Angleterre supportaient mal cette vassalité et n'oubliaient pas leurs anciennes possessions en France, les rois de France, à partir de 1294, cherchèrent, souvent par des moyens déloyaux, à reprendre la Guyenne aux Anglais.

Des rois sans fils

En 1316, le roi de France, Louis X, fut le premier des Capétiens à mourir sans héritier mâle. Des assemblées de grands et de notables assurèrent, en 1316 et en 1322, la couronne aux deux autres fils de Philippe le Bel, Philippe V et Charles IV. Mais, à la mort de celui-ci, en 1328, le roi d'Angleterre, Edouard III, petit-fils par sa mère de Philippe le Bel, brigua la couronne de France contre Philippe de Valois, petit-fils de Philippe III. Edouard d'Angleterre avait quinze ans : une nouvelle assemblée lui préféra Philippe, âgé de trente-cinq ans (son père avait déjà joué un grand rôle politique en France), surtout « parce qu'il était né du royaume ». Cela donne dès le début le ton du sentiment national qui s'affirmera pendant la guerre de Cent Ans (la prétendue loi salique, écartant de la succession au trône de France les femmes et leurs descendants, ne fut invoquée que beaucoup plus tard). Après des hésitations, et après avoir réaffirmé son droit au trône de France, Edouard III prêta, en 1329, l'hommage pour la Guyenne. Mais, des différends ayant reparu entre les deux rois, en 1337 Philippe VI prononça, comme l'avaient fait Philippe le Bel et Charles IV, la confiscation de la Guyenne. Pour certains historiens, lors de la guerre qui se déclencha à partir de 1338, Edouard III aurait pris la question de Guyenne pour prétexte couvrant ses aspirations au trône de France ; pour d'autres, au contraire, la revendication de la couronne française n'aurait été qu'un moyen énergique pour mieux s'assurer la possession pleine et entière de la Guyenne. Quoi qu'il en soit, il est clair que les prétentions anglaises en France ont varié suivant les monarques et suivant la période.

Plus récemment, des historiens ont mis au premier plan la rivalité anglo-française en Écosse, en Bretagne, et surtout en Flandre. En Écosse, la lutte menée depuis la fin du xiiie siècle par les Écossais contre les Anglais trouvait un appui diplomatique et, à un moindre degré, militaire auprès des Français. Soumettre la France aurait alors été pour Edouard III le moyen d'avoir les mains libres en Écosse.

En Bretagne, une lutte d'influence opposait les Anglais, soucieux de s'assurer une position dominante dans une principauté qui contrôlait des routes essentielles à leur commerce et à leurs relations avec la Guyenne et l'ouest de la France, aux Français, désireux de rendre effective une suzeraineté assez théorique. Mais l'antagonisme ne se développa qu'après la mort du duc Jean III (1341) et avec la rivalité entre Jean de Montfort, soutenu par Edouard III, et Charles de Blois, appuyé par Philippe VI. La rupture entre les deux rois était consommée depuis 1337 et les hostilités ouvertes depuis 1338.

En Flandre, la rivalité était surtout économique. La laine anglaise était la matière première essentielle de [...]

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1300 à 1400. Tamerlan

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Guerre de Cent Ans, XIVe siècle

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Bataille de Crécy

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Monument aux bourgeois de Calais, A. Rodin

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Pour citer l’article

Jacques LE GOFF, « GUERRE DE CENT ANS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guerre-de-cent-ans/