GUAN HANQING [KOUAN HAN-K'ING] (1210 env.-env. 1300)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La critique sociale

La pièce sociale Dou E yuan, Le Ressentiment de Dou E, est la seule œuvre de Guan Hanqing qui ait été traduite en français. Pour s'acquitter d'une dette, un lettré besogneux donne sa fille Dou E comme bru à la dame Cai. Peu après, Dou E devient veuve. La dame Cai, qui fait métier d'usurière, réclame de l'argent à un de ses créanciers qui essaie de l'étrangler ; elle est sauvée par le père Zhang et par son fils, qui veulent, comme récompense, épouser les deux femmes. La dame Cai accepte, mais Dou E refuse. Pour se venger, le fils Zhang met du poison dans un potage destiné à la dame Cai, espérant faire accuser la jeune femme ; mais c'est le père Zhang qui le boit par mégarde ; il meurt. Le fils accuse Dou E du meurtre. Elle proteste de son innocence jusqu'au moment où le préfet veut faire battre la dame Cai afin de lui arracher des renseignements. Elle se charge alors du crime pour éviter la torture à sa belle-mère, et elle est condamnée à la peine capitale. Avant l'exécution, elle fait trois vœux : que son sang, au lieu de se répandre à terre, jaillisse sur un étendard ; qu'il tombe de la neige en plein été pour recouvrir son cadavre ; enfin que la sécheresse sévisse trois ans sur le pays. Les trois vœux s'accomplissent. Dans la suite l'ombre de Dou E apparaît à son père devenu inspecteur général de la région ; elle se plaint de l'injustice qu'elle a subie. Il finit par faire innocenter la mémoire de sa fille et punir les vrais coupables. C'est là une image, bien sombre, mais pourtant fidèle, de la société chinoise, en cette période où pullulaient l'usure, le brigandage, les erreurs judiciaires, l'incapacité et la corruption des fonctionnaires. Face à ces abus, se dresse l'héroïne de la pièce, qui lutte, seule, jusqu'à la mort et même au-delà de la mort, afin de faire triompher la vérité. Cette œuvre a sa place parmi les plus belles tragédies de la littérature mondiale. Sous le titre de Liu yue xue (La Neige en plein été), cette pièce est conservée dans le répertoire du Jingju, Opéra de Pékin, et continue à passionner le public d'aujourd'hui.

L'analyse rapide de ces trois pièces permet de saisir les aspects essentiels du génie de Guan Hanquing. Bravant le pouvoir qui punissait de l'exil ou du châtiment suprême ceux qui attaquaient les puissants du jour, il stigmatise les maux infligés au peuple chinois par les conquérants mongols.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : maître assistant honoraire à l'université de Paris-VIII

Classification

Autres références

«  GUAN HANQING [ KOUAN HAN-K'ING ] (1210 env.-env. 1300)  » est également traité dans :

QU [K'IU]

  • Écrit par 
  • Odile KALTENMARK
  •  • 1 225 mots

Dans le chapitre « Les qu des Yuan ou sanqu »  : […] On applique plus spécialement l'appellation qu à un autre genre plus tardif, puisque né sous les Yuan ( xiii e - xiv e  s.) et qui a une double origine : le ci et le théâtre. Les qu de l'époque Yuan s'appellent sanqu, ce qui veut dire « chansons séparées, détachées », car elles s'opposent aux qu des opéras qui font partie d'un ensemble organisé. Le qu est tout d'abord héritier du ci des Song. Cel […] Lire la suite

Pour citer l’article

 LI TCHE-HOUA, « GUAN HANQING [KOUAN HAN-K'ING] (1210 env.-env. 1300) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/guan-hanqing-kouan-han-k-ing/