GU WEN [KOU WEN]

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L'évolution du gu wen des Song aux Qing

C'est seulement sous les Song (960-1279) que le gu wen portera tous ses fruits, quand naîtra un mouvement philosophique, différent en bien des points du mouvement similaire de Han Yu. Le pian wen n'est plus honni d'une façon absolue. Les grands maîtres du xie siècle montrent un esprit de tolérance qui les fait appartenir tour à tour aux deux écoles, selon qu'ils écrivent un traité de philosophie ou un poème. Ouyang Xiu (1007-1072) est le chef de file de ce second mouvement gu wen. On dit qu'il a fondé, dans sa jeunesse, une société pour publier les œuvres de Han Yu, alors totalement oubliées, et qu'il venait de retrouver par hasard.

Cette « découverte » permit aux écrivains Song d'exceller à s'exprimer clairement, sans pour autant copier la langue qu'ils faisaient revivre. Le gu wen est illustré par Ouyang Xiu, tant dans ses essais que dans la Nouvelle Histoire des Tang – Xin Tang shu – et des Cinq Dynasties – Xin Wudai shi. Il eut des émules dont les plus célèbres furent Wang Anshi et Sima Guang.

Sous les Ming, au xvie siècle, un auteur affirmait que le style antique avait été tué par Han Yu, un autre ne voulait rien lire de ce qui s'était écrit depuis la fin des Han : leur influence pétrifia bien des esprits. Certains écrivains, en revanche, restaient des admirateurs du gu wen des Tang. De cette rivalité, il ne naquit aucune œuvre réellement intéressante.

Sous les Qing (1644-1911), la « prose antique » est cultivée dans de véritables écoles qui revendiquent d'être la postérité du mouvement littéraire fondé par Han Yu. Ces écoles préconisent, en même temps que le style simple de l'antiquité, un retour au confucianisme.

Le gu wen apparaît ainsi à travers toute son histoire, de Han Yu au néo-confucianisme des Song, des Ming et des Qing, comme un moyen d'expression du confucianisme. Le mouvement et le genre gu wen peuvent donc être considérés comme une des manifestations d'un esprit conservateur, qui a été un des aspects de la culture chinoise. Cependant, le g [...]


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Écrit par :

  • : maître assistant honoraire de l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Odile KALTENMARK, « GU WEN [KOU WEN] », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gu-wen-kou-wen/