BRUNIQUEL GROTTE DE, Tarn-et-Garonne

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Conséquences de la datation des structures de Bruniquel

Les conséquences de telles informations sont majeures. Elles confirment que les constructions sont bien à attribuer aux Néandertaliens comme supposé lors des premières campagnes de recherche, mais à une phase bien plus reculée de leur lignée, contemporaine de l’avant-dernière glaciation (stade isotopique 6). Elles prouvent ainsi que d’anciens représentants des Néandertaliens se sont affranchis des difficultés inhérentes à une progression dans le noir, en s’appropriant le milieu souterrain. S’aventurer dans la profondeur de la Terre n’est un acte ni anodin ni répandu sous toutes les latitudes ou parmi toutes les ethnies et, jusqu’aux datations de Bruniquel, seul l’homme anatomiquement moderne, Homo sapiens, était réputé pour s’être avancé sous terre, loin des entrées éclairées par la lumière du jour. Les âges les plus anciens étaient ceux de la grotte Chauvet-Pont d’Arc (Aurignacien : 36 000 ans), d’El Castillo (40 000 ans) et de Nerja (42 000 ans) avec, pour les deux sites espagnols, une discussion quant à l’auteur des plus anciennes peintures.

Cependant, si les datations de Bruniquel sont plus vieilles de 140 000 ans que celles des plus anciennes grottes « ornées », les motivations des auteurs des aménagements ne sont certainement pas les mêmes. À Bruniquel, si l’on peut supposer que de telles constructions ont nécessité un minimum de planification, d’organisation sociale, de main-d’œuvre, de savoir-faire, de technicité – incluant un éclairage suffisant et son maintien –, la fonction précise des structures demeure inconnue. Ces constructions sont avant tout une preuve manifeste de l’appropriation par Néandertal de la profondeur des grottes. Elles sont interprétées comme un nouveau signe dit de « modernité », qui place les Néandertaliens dans l’histoire de l’évolution à un niveau comparable à celui de leurs contemporains, les premiers hommes modernes d’Afrique et du Proche-Orient.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Médias de l’article

Grotte de Bruniquel : salle de la Structure

Grotte de Bruniquel : salle de la Structure
Crédits : Etienne Fabre - SSAC

photographie

Grotte de Bruniquel : les différentes structures aménagées

Grotte de Bruniquel : les différentes structures aménagées
Crédits : photographies : P. Mora, Archéostransfert, Archéovision, UMS 3657 SHS-3D –Photogrammétrie : X. Muth, Get in Situ – infographie : F. Lacrampe-Cuyaubère, Archéosphère

photographie

Grotte de Bruniquel : détail d’une zone de combustion

Grotte de Bruniquel : détail d’une zone de combustion
Crédits : Michel Soulier - SSAC

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

  • : professeur de préhistoire, université de Bordeaux
  • : docteur en sciences, chercheuse à l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique

Classification

Autres références

«  BRUNIQUEL GROTTE DE, Tarn-et-Garonne  » est également traité dans :

PRÉHISTORIQUE ART

  • Écrit par 
  • Laurence DENÈS, 
  • Jean-Loïc LE QUELLEC, 
  • Michel ORLIAC, 
  • Madeleine PAUL-DAVID, 
  • Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, 
  • Denis VIALOU
  •  • 27 698 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Historique des découvertes »  : […] La découverte en 1940 de la grotte de Lascaux en Dordogne conféra à l'art paléolithique pariétal une célébrité mondiale et lui donna la première place dans l'histoire universelle de l'art. Cependant, un siècle de trouvailles et de recherches avait précédé la révélation de Lascaux – et l'on ne cesse de découvrir d'autres grottes décorées (une quinzaine en France entre 1975 et 1986) grâce à des pro […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jacques JAUBERT, Sophie VERHEYDEN, « BRUNIQUEL GROTTE DE, Tarn-et-Garonne », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/grotte-de-bruniquel-tarn-et-garonne/