GRÉGOIRE DE NYSSE saint (330 env.-env. 395)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'infinie capacité du désir

L'extraordinaire originalité de la pensée de Grégoire de Nysse réside moins dans sa conception de l'infini divin que dans sa conception de l'infini humain. Avant lui, toute la tradition, aussi bien païenne que chrétienne, se représentait la perfection sous la forme de la stabilité et du repos ; tout changement, tout mouvement vers le bien, restait irrémédiablement imparfait et inférieur. Pour Grégoire, au contraire, la perfection réside dans le progrès lui-même, dans la croissance perpétuelle. La réalité humaine est douée d'une capacité infinie de mouvement qui imite, en le poursuivant sans fin, l'infini divin, cet infini divin qui, pour l'homme, n'est jamais un « objet », mais toujours un au-delà. L'infinité du mouvement et du désir humains prend, pour la première fois dans l'histoire, un sens positif.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  GRÉGOIRE DE NYSSE saint (330 env.-env. 395)  » est également traité dans :

ADAM

  • Écrit par 
  • André-Marie DUBARLE
  •  • 1 761 mots

Dans le chapitre « La tradition chrétienne »  : […] Outre les données de la Genèse, la tradition chrétienne doit tenir compte d'un nouvel élément, l'enseignement de saint Paul qui met en parallèle avec Adam, homme terrestre, le Christ, à la fois rédempteur et homme parfait, spirituel, dont nous devons porter l'image. Les Pères de l'Église ont aussi été influencés, plus ou moins inconsciemment, par des conceptions philosophiques, comme celle de l'id […] Lire la suite

DANIÉLOU JEAN (1905-1974)

  • Écrit par 
  • Henri Irénée MARROU
  •  • 1 037 mots

Homme d'Église, homme d'action, mais aussi agrégé de l'Université et docteur ès lettres, Jean Daniélou a réalisé une œuvre scientifique considérable. Il a été l'un des premiers et principaux artisans du renouveau des études patristiques. En 1942, en pleine guerre, il fonde, avec son aîné le père Henri de Lubac, la collection Sources chrétiennes (éditions de textes patristiques, accompagnées de tra […] Lire la suite

ORTHODOXE ÉGLISE

  • Écrit par 
  • Olivier CLÉMENT, 
  • Bernard DUPUY, 
  • Jean GOUILLARD
  •  • 23 318 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La Trinité et l'anthropologie trinitaire »  : […] Le dogme de la Trinité constitue le cœur de la théologie orthodoxe, et, par là même, « en Christ », de son ecclésiologie, de son anthropologie, voire – selon l'exigence de la communion – de sa sociologie (« La Trinité est notre programme social », disait Fédorov). La logique déchue oppose ou confond. Le dogme de la Trinité suggère la coïncidence, dans la source divine, de l'unité absolue et de la […] Lire la suite

PATRISTIQUE

  • Écrit par 
  • Pierre HADOT
  •  • 8 815 mots

Dans le chapitre « Un nouvel univers spirituel »  : […] On pourrait ainsi penser que les Pères de l'Église, en concevant le christianisme comme une philosophie, ont complètement hellénisé le christianisme. La réalité est beaucoup plus complexe. Le donné évangélique originel, même transformé ou déformé, est toujours resté présent. Des éléments étrangers à la tradition hellénique exigèrent, pour être exprimés dans le langage de la philosophie hellénique, […] Lire la suite

Pour citer l’article

Pierre HADOT, « GRÉGOIRE DE NYSSE saint (330 env.-env. 395) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gregoire-de-nysse/