GRECO (exposition)

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Le dernier maniériste

Assez tôt, en Crète, le peintre commence à prendre des libertés avec les codes de l’icône au contact d’estampes et des tableaux vénitiens importés dans cette colonie de la Sérénissime. Mais c’est à Venise que, sous l’influence de Titien dont il fréquenta peut-être l’atelier, du style puissamment dynamique de Tintoret, des perspectives de Paris Bordone et du réalisme de Jacopo Bassano, que sa conversion aux formes maniéristes et aux prestiges de la couleur et de la matière s’opère (Triptyque de Modène, 1567-1569, Galleria Estense, Modène). L’exposition souligne également comment le jeune artiste qui, faute de grandes commandes, peignit alors essentiellement des tableaux de dévotion et sut tirer parti des petits formats.

C’est de Venise aussi que Greco tire les bases de ce qui va représenter un élément essentiel de sa renommée, l’art du portrait : il met au point un réalisme psychologique servi par une liberté de touche toujours plus affirmée. Ce talent a certainement contribué à lui faciliter l’entrée dans les cercles humanistes de Rome (Portrait d’un sculpteur [Pompeo Leoni ?], vers 1577-1580, collection particulière), à l’époque où, sur la recommandation du miniaturiste Giulio Clovio, il est hébergé par le cardinal Farnèse et découvre Michel-Ange. La puissance plastique, cette terribilità qui caractérise l’œuvre du maître toscan, va marquer fortement son propre langage. Qu’il y ait réagi par des propos arrogants expliquerait qu’il ait dû quitter assez vite le palais Farnèse…

Mais c’est en Espagne que l’art du dernier grand maître maniériste – Guillaume Kientz souligne avec raison que Greco meurt en 1614, quatre ans après Caravage – va pleinement s’affirmer et s’épanouir, d’abord grâce aux commandes de Philippe II (L’Adoration du nom de Jésus, ou Le Songe de Philippe II, 1575-1580, Real Monasterio de San Lorenzo de El Escorial) dont les flam [...]

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Robert FOHR, « GRECO (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/greco-exposition/