GRÈCELangue et littérature

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Langue

Caractères extérieurs

Le domaine hellénique a toujours conservé une relative homogénéité dans l'ensemble des langues indo-européennes au lieu d'aboutir à des langues différentes. Le grec moderne confirme ce caractère. Cependant, à l'intérieur même de la langue, l'unité est loin d'être réalisée. En effet, le grec moderne présente trois aspects : démotique, dialectal et savant (catharévousa). Le grec démotique représente le résultat de l'évolution naturelle de la langue depuis la koinè hellénistique en passant par la koinè byzantine. C'est aujourd'hui la langue communément parlée par les Grecs (aux différences dialectales près). Jadis langue essentiellement parlée, la démotique a conquis, au xixe et au xxe siècle, l'usage littéraire et une partie des usages techniques. Les dialectes qui se sont constitués au cours du Moyen Âge et en plusieurs étapes posent de nombreux et délicats problèmes (origine, répartition, classification, etc.). Certains d'entre eux ont même donné naissance à des littératures locales. La démotique s'est constituée en partant principalement des dialectes méridionaux. Néanmoins, les dialectes tendent à reculer devant la langue démotique commune. La langue savante n'est guère unifiée. Elle atteste des usages différents selon des dosages variés d'archaïsme (langue très savante, langue savante courante, langue mixte). C'est la langue de tout ce qui est officiel. De caractère artificiel, elle s'aligne sur l'actuelle prononciation malgré sa prétention à reconstituer l'ancienne langue. Elle s'écarte de la démotique par la morphologie et surtout par le vocabulaire. Ce conflit entre « purisme » et « démotisme », dont les origines sont lointaines et qui a revêtu des formes variées, constitue la « question de la langue » qui est une des difficultés du grec moderne.

Caractères généraux de structure interne

D'une manière générale, le grec, jusqu'à l'aboutissement actuel, a gardé l'essentiel de sa structure interne : rôle de l'accent, distinction du nom et du verbe, maintien des flexions, prédominance de l'aspect verbal, types de phrase, vocabulaire. Il y a plus d'adaptations et de renouvellements qu'il n'y a de transformations dans l'ensemble des parties de la langue.

Les sons

Le grec moderne dispose d'un système vocalique très simple (cinq voyelles et une semi-voyelle). Ces voyelles sont brèves et ne s'allongent que sous l'accent. Elles peuvent se combiner en diphtongues et occuper n'importe quelle place dans le mot. Les consonnes, réparties en diverses séries, sont caractérisées par un développement des spirantes. Elles peuvent se combiner entre elles dans certaines conditions. En finale, la seule consonne possible est le s (exceptionnellement le n). Dans la chaîne du discours, les mots sont très liés entre eux, de sorte que les traitements phonétiques concernent aussi bien les rapports entre les mots que les mots eux-mêmes.

La morphologie

Le grec moderne a non seulement maintenu, mais développé trois genres (masculin, féminin, neutre). Des analogies ont précisé cette distinction dans les substantifs et dans les adjectifs. Les jeux d'accent ne se produisent plus que dans les substantifs. D'autre part, le grand développement de l'article est particulièrement remarquable. Le système verbal est demeuré beaucoup plus conservateur : l'opposition d'aspect (présent, aoriste) domine toute la conjugaison. Les voix et les modes s'indiquent par les désinences. Des formes périphrastiques, à l'aide d'auxiliaires, ont été développées pour exprimer, par exemple, le futur, le conditionnel, le parfait (qui garde sa valeur d'aspect achevé). Le temps ne s'exprime qu'à l'indicatif. Les participes sont réduits et l'infinitif est depuis longtemps sorti de l'usage. C'est dire que la forme verbale néogrecque est étroitement liée à l'expression de la personne. Le système des prépositions s'est développé par des prépositions composées à côté des prépositions simples. Sauf influences savantes ou formules, les prépositions gouvernent toutes l'accusatif. Elles complètent les insuffisances d'une flexion limitée à quatre cas (nominatif, vocatif, accusatif, génitif). Une sorte d'équilibre s'établit ainsi entre une expression synthétique et une expression analytique.

La syntaxe

Le grec moderne connaît deux grands types de phrase : la phrase nominale et la phrase verbale. Ces deux types peuvent fonctionner indépendamment l'un de l'autre ou en liaison. La phrase nominale a, par elle-même, une signification complète ; elle peut revêtir diverses [...]

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Écrit par :

  • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée
  • : membre de l'Institut
  • : professeur de littérature néo-hellénique à l'université de Salonique

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Pour citer l’article

Christophe CHICLET, André MIRAMBEL, Panayotis MOULLAS, « GRÈCE - Langue et littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-langue-et-litterature/