GRAVURE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Évolution technique de l'estampe en Occident : du criblé à la sérigraphie

Tout a son importance dans la réalisation d'une estampe, jusqu'à la presse, l'encre ou le papier utilisés. Pourtant on définit généralement une estampe par le seul élément d'impression – gravure sur bois, sur métal (cuivre, zinc, acier) ou sur pierre (lithographie) – ou par la technique utilisée pour tracer sur cet élément le dessin que l'on veut reproduire : on parlera alors d'un bois de fil ou d'un bois de bout, d'un burin, d'une eau-forte, d'une pointe sèche, d'une aquatinte ou d'un vernis-mou, d'une autographie, d'une lithographie à la plume ou au pinceau. La multiplicité des techniques de l'estampe a de quoi dérouter l'amateur. Elles sont pourtant le reflet d'une pratique à la fois empirique et rationnelle, individuelle et collective, artisanale sous certains aspects, presque industrielle par d'autres. Résultant de lentes mutations ou au contraire d'innovations ponctuelles aux conséquences parfois considérables, les progrès techniques de la gravure ont toujours répondu à une demande, demande d'images plus lisibles, plus nombreuses ou simplement plus belles. Retracer leur évolution n'est pas simplement introduire à une meilleure appréciation du travail du graveur : c'est en réalité retracer un pan de l'histoire du goût.

La gravure en relief

Les premières gravures occidentales apparaissent dans les derniers siècles du Moyen Âge. Ce sont des gravures sur bois, matière première peu coûteuse, facile à trouver et à travailler. Le procédé repose sur l'impression d'un dessin en relief : le graveur en dégage les lignes à l'aide de gouges et de ciseaux. La planche est ensuite encrée, la presse utilisée étant analogue à la presse typographique. Aussi la gravure sur bois se distingue-t-elle par l'uniformité de ses noirs, sans nuances, qui présentent partout la même intensité, à la manière d'une page imprimée. Elle se caractérise aussi par un dessin forcément linéaire. Très tôt, les gravures sur bois ont été des œuvres collectives, l [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 13 pages

Médias de l’article

Jules César, opéra de Haendel

Jules César, opéra de Haendel
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Aztèques capturés par les Espagnols

Aztèques capturés par les Espagnols
Crédits : Bridgeman Images

photographie

La Grande Fortune

La Grande Fortune
Crédits : Bridgeman Images

photographie


Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

Classification

Autres références

«  GRAVURE  » est également traité dans :

ADHÉMAR JEAN (1908-1987)

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre MOUILLESEAUX
  •  • 1 320 mots

La Bibliothèque nationale de Paris conserve depuis Colbert (1667) des milliers d'images rassemblées dans le cabinet des Estampes. Gravures, affiches, dessins ou collections iconographiques, photographies enfin sont venus régulièrement s'accumuler au gré des acquisitions et des dons, mais surtout avec le flux du dépôt légal. Lieu de conservation de ces témoignages fragiles, rassemblés de façon uni […] Lire la suite

ALDEGREVER HEINRICH (1502-apr. 1555)

  • Écrit par 
  • Pierre VAISSE
  •  • 177 mots

Peintre et graveur allemand, de son vrai nom Heinrich Trippenmecker. Son activité de peintre est très mal connue. Il doit sa célébrité à ses gravures sur cuivre, environ trois cents, exécutées de 1527 à 1541 et de 1549 à 1555 et signées du monogramme AG, imité de celui de Dürer, dont il fut le disciple. On y sent, dans le style et dans les sujets, l'influence de celui-ci et des « petits maîtres de […] Lire la suite

ALMANACH, estampe

  • Écrit par 
  • Maxime PRÉAUD
  •  • 807 mots

Le mot almanach , d'origine incertaine, apparaît dans l'arabe occidental au xiii e  siècle ; il désigne d'abord une éphéméride où figurent les positions du soleil et de la lune. Avec l'invention de l'imprimerie et de l'estampe, ce type de calendrier va se développer et se diffuser très largement, sous deux formes. La première est celle d'un livret comprenant le calendrier proprement dit, enrichi d […] Lire la suite

ALTDORFER ALBRECHT (1480 env.-1538)

  • Écrit par 
  • Pierre VAISSE
  •  • 2 751 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Des débuts obscurs »  : […] En réalité, l'art des deux premiers cités n'offre aucun point commun avec celui d'Altdorfer à ses débuts. Quant aux œuvres de Cranach antérieures à 1505, qui diffèrent de la production ultérieure de ce peintre par leur violence expressive, elles conjuguent une forte influence de Dürer avec un sens nouveau de la couleur, caractères que l'on retrouve dans les premières peintures connues d'Altdorfer […] Lire la suite

ANDROUET DU CERCEAU JACQUES (1520-1586)

  • Écrit par 
  • Jean GUILLAUME
  •  • 968 mots

Jacques Androuet du Cerceau (appelé le plus souvent « Du Cerceau », dû au motif de l'enseigne de la boutique de son père qui était marchand de vin) fut à la fois un graveur, un dessinateur, un créateur d'ornements, un inventeur d'architectures réelles ou imaginaires et l'auteur du premier ouvrage consacré aux « plus excellents bâtiments » de la France. Son œuvre immense (1 700 gravures, 1 200 des […] Lire la suite

APOCALYPSE DE JEAN

  • Écrit par 
  • Jean HADOT
  •  • 6 530 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La gravure allemande »  : […] C'est principalement en Allemagne que règne à ce moment l'esprit de l'Apocalypse. Vers la fin du xv e  siècle, l'art de la gravure, spécialement sur bois, s'y épanouit. De nombreuses Bibles xylographiques paraissent, dont les deux plus célèbres sont dues à Heinrich Quentell de Cologne (1479) et à Koberger de Nuremberg (1483). Le filleul de ce dernier s'appelle Albert Dürer. C'est un homme de la R […] Lire la suite

AQUAFORTISTES MOUVEMENT DES

  • Écrit par 
  • Ségolène LE MEN
  •  • 854 mots

En 1862, la fondation de la Société des aquafortistes fut la première manifestation d'un mouvement de renaissance de l'eau-forte originale de peintre ; la Société était animée par l'imprimeur Auguste Delâtre (1822-1907) et par le marchand d'estampes Alfred Cadart (1828-1875). Ils publièrent trois cents eaux-fortes originales entre septembre 1862 et août 1867 dans la publication mensuelle de la Soc […] Lire la suite

ARABESQUE, histoire de l'art

  • Écrit par 
  • Peter FUHRING
  •  • 3 456 mots

Dans le chapitre « Succès et diffusion d'un ornement »  : […] L'absence de sources littéraires rend difficile l'explication du succès inouï des arabesques en Italie. Et l'assimilation immédiate de cet ornement par la culture italienne est à l'origine de plusieurs variantes, sans qu'il soit aujourd'hui possible de suivre en détail le développement de chacune d'elles. Le jeu des lignes, permettant une infinité de solutions différentes, a sans doute contribué […] Lire la suite

ART (L'art et son objet) - L'attribution

  • Écrit par 
  • Enrico CASTELNUOVO
  •  • 6 555 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les « noms de commodité » »  : […] Le cas le plus clair, le cas limite pourrait-on dire, de distinction entre personnalité empirique, et personnalité esthétique est celui de l'artiste appelé « Maître de... », c'est-à-dire du dénominateur commun conféré à un groupe d'œuvres réunies d'après des caractéristiques de style et attribuées à un artiste dont le nom est inconnu, mais qui, pour en permettre la classification, est appelé « Ma […] Lire la suite

ART (L'art et son objet) - La reproduction en art

  • Écrit par 
  • Denys RIOUT
  •  • 2 028 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Reproductions et « musée imaginaire » »  : […] Contrairement aux répliques et copies qui ont vocation à être des substituts de l'œuvre originaire, les reproductions, au sens moderne du terme, avouent d'emblée leur différence. Elles sont apparues au xv e  siècle, lorsqu'il fut possible de réaliser des gravures sur métal capables de multiplier les images des modèles dont elles s'inspiraient. Alors que les « gravures originales » sont élaborées […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Barthélémy JOBERT, Michel MELOT, « GRAVURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gravure/