GRANDE GUERRE ET SOCIÉTÉ

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Correspondance de guerre, 1915

Correspondance de guerre, 1915
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Ouvrières pendant la Première Guerre mondiale, 1915

Ouvrières pendant la Première Guerre mondiale, 1915
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Emprunt national, 1917

Emprunt national, 1917
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Le Mari pacifique, Paul Iribe

Le Mari pacifique, Paul Iribe
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Un pays en armes

Le 1er août 1914, l’annonce de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la Russie, alliée de la France, est suivie de la mobilisation française, qui tombe au moment où la population apprend la mort du leader socialiste Jean Jaurès, assassiné la veille. À l’annonce de la mobilisation générale, les Français sont saisis de stupeur. L’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, était passé presque inaperçu et rien ne laissait penser que la crise localisée déboucherait sur un conflit généralisé. Dans une France encore très rurale, la population est alors occupée aux travaux des champs en cette saison cruciale du calendrier agricole. Face à cette accélération des événements, la consternation et la résignation dominent. Ce qu’on exprime en public contraste avec ce qu’on ressent intimement, comme la peur et l’incertitude. Contrairement à une idée répandue, les manifestations d’enthousiasme sont rares et limitées aux milieux nationalistes et aux grandes villes, où des foules bruyantes accompagnent les soldats jusqu’aux gares. Les obligations militaires concernent tous les hommes âgés de 20 à 48 ans, appelés à rejoindre leur unité à partir du 2 août. Trois millions et demi d’hommes partent pour la guerre au cours de ce mois et on compte moins de 1 p. 100 d’insoumis. La plupart pensent partir pour une guerre courte et être rentrés pour Noël. Mais, dès l’automne de 1914, cet espoir est démenti par l’entrée dans une guerre d’usure, qui nécessitera la mobilisation de huit millions d’hommes, dans des unités combattantes ou à l’arrière.

Dans un discours du 4 août 1914, le président de la République Raymond Poincaré célèbre les vertus de « l’union sacrée », c’est-à-dire l’unité de toutes les forces du pays. Ce consensus se traduit sur le plan politique par la mise en sommeil des divisions idéologiques au profit de l’effort commun. Le renforcement du pouvoir de l’État se traduit aussi par un contrôle accru sur les populations. Les civils issus de pays ennemis (Allemands, Austro- [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Picardie-Jules-Verne, Amiens

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Emmanuelle CRONIER, « GRANDE GUERRE ET SOCIÉTÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/grande-guerre-et-societe/