GRÂCE À DIEU (F. Ozon)

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Une fiction documentaire

Si, avec Jeune et jolie, il avait abordé un sujet de société, la prostitution estudiantine, François Ozon s’attaque cette fois à un sujet brûlant, celui de la pédophilie dans l’Église, et puise dans l’histoire immédiate. Avec un souci documentaire marqué, il reconstitue la révélation de l’affaire Preynat et de son corollaire, l’affaire Barbarin. Prêtre du diocèse de Lyon, Bernard Preynat, qui n’a jamais nié les faits, a été mis en examen en janvier 2016 et placé sous contrôle judiciaire pour abus sexuels perpétrés sur des scouts, entre les années 1970 et 1990 (plus de 80 victimes se sont déclarées). Désormais interdit d’exercer son ministère, il fait, en outre, l’objet d’un procès canonique. Philippe Barbarin, cardinal archevêque de Lyon, informé des faits dès 2014, selon les victimes, a été jugé et condamné pour non-dénonciation d’agressions sur mineurs, en mars 2019. Grâce à Dieu, qui doit son titre à un mot « malheureux » du cardinal Barbarin, « Nous sommes confrontés à des faits anciens, et grâce à Dieu, tous ces faits sont prescrits », relate la création de l’association La Parole libérée, en décembre 2015 et, s’appuyant sur le témoignage de ses membres, se concentre sur les victimes du père Preynat. Jamais manichéen et loin de tout sensationnalisme, le film met en lumière l’étonnant et très long silence de l’Église. François Ozon, qui a conservé les véritables prénoms des victimes, leur a en revanche octroyé, pour cause de fiction, d’autres patronymes, ce qu’il n’a pas fait pour les personnages du père Preynat (interprété par Bernard Verley), du cardinal Barbarin (François Marthouret) et de sa médiatrice, Régine Maire (Catherine Erhel), jugeant qu’il aurait été ridicule de les modifier puisque connus de tous. Ce choix lui a valu deux assignations en référé visant à faire reporter la sortie du film, prévue quelques jours plus tard, l’une de la part de Régine Maire, demandant à ce que son nom soit retiré du film, l’autre de l’avocat du père Preynat, [...]

Grâce à Dieu, F. Ozon

Grâce à Dieu, F. Ozon

Photographie

Comment rompre le silence et oser enfin parler ? Dans Grâce à Dieu, François Ozon raconte la liberté difficilement reconquise – sur l'institution ecclésiastique comme sur la famille – à travers trois histoires successives. Ici, de gauche à droite, Melvil Poupaud, Denis Ménochet et... 

Crédits : Jean-Claude Moireau/ Mandarin Films/ Scope Pictures/ BBQ_DFY/ Aurimages

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Pour citer l’article

Colette MILON, « GRÂCE À DIEU (F. Ozon) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/grace-a-dieu-f-ozon/