GONG XIAN [KONG HIEN] (av. 1599-1689) ET KUNCAN [K'OUEN-TS'AN] (1612-av. 1680)

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Gong Xian, un ermite sensible aux tourmentes de l'histoire

Les jeunes années de Gong Xian sont mal connues. Probablement était-il issu d'une famille modeste ; on ignore s'il est jamais entré dans la carrière administrative ; dans l'affirmative, il n'aura pu y occuper qu'un rang subalterne. L'essentiel de ce que l'on sait de lui, outre ce que révèlent ses propres écrits (inscriptions de peintures et poèmes), repose sur les témoignages de divers lettrés influents qui admiraient son art et avec qui il fut en relations d'amitié.

La plus grande partie de son existence s'est déroulée à Nankin ; c'est là qu'il se lia avec les membres de la Société du renouveau : Fu She, un de ces clubs d'intellectuels si caractéristiques de la fin des Ming, qui, dans la même ligne que le groupe de Donglin, entreprenaient de repenser la philosophie chinoise dans une perspective politique de critique révolutionnaire. Lorsque la Société du renouveau se trouva persécutée et dissoute par la répression gouvernementale, Gong Xian, à l'instar de ses compagnons, dut pour un temps disparaître dans la clandestinité. Il ne reparaît à Nankin que pour y assister à la fin d'un âge : en 1645, les armées mandchoues s'emparent de l'ancienne capitale ; toute son élite dispersée par la tourmente, la ville est livrée au pillage. Gong Xian s'éloigne à nouveau ; quand il regagnera Nankin dix années plus tard, le décor urbain luxueux et raffiné qu'il avait connu pendant près d'un demi-siècle n'était déjà plus qu'un songe, et c'est à peine si, parmi les ruines, il retrouvera un ou deux des brillants compagnons de sa jeunesse. Ensemble ils nourriront, pour le restant de leur vie, la nostalgie des jours enfuis, la haine des usurpateurs mandchous et le rêve désespéré de voir se rétablir la dynastie légitime.

Gong Xian s'installe dans une très modeste retraite campagnarde aux portes de la ville. Il y mènera désormais la vie d'un ermite, mais d'un ermite qui reste intensément aux écoutes de son époque. Il conserve des contacts avec les irrédentistes Ming, et du fond de sa solitude [...]

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Écrit par :

  • : reader, Department of Chinese, Australian National University

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Pierre RYCKMANS, « GONG XIAN [KONG HIEN] (av. 1599-1689) ET KUNCAN [K'OUEN-TS'AN] (1612-av. 1680) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gong-et-kuncan/