GÖBEKLI TEPE, site archéologique

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Les « premiers temples de l’humanité » ?

Les constructions circulaires de Göbekli Tepe ne sauraient être interprétées comme des habitations, dans la mesure où aucun aménagement pratique et aucun vestige d’une activité quotidienne n’y ont été découverts. Il ne peut donc s’agir que de bâtiments à usage collectif et cérémoniel. C’est pourquoi ils ont été qualifiés, notamment par le fouilleur Klaus Schmidt, de « premiers temples de l’humanité ». Ce ne sont pourtant pas les premiers sanctuaires connus, du moins si l’on considère, sans doute à juste titre, que les grottes ornées du Paléolithique supérieur – certaines remontant à près de 40000 avant notre ère – avaient cette fonction. Mais ce sont les plus anciennes constructions massives et permanentes à usage cérémoniel, qui plus est de nature mégalithique. Les piliers en calcaire pèsent une dizaine de tonnes en moyenne. Leur débitage et leur transport ont donc représenté un exploit technique au regard des moyens de l’époque, compte tenu cependant du fait que le calcaire est plus facile à tailler que, par exemple, le granite des mégalithes de la côte atlantique érigés cinq millénaires plus tard. Une zone d’extraction de ces piliers a pu être identifiée à quelques centaines de mètres du site. Là, un monolithe inachevé, sans doute abandonné parce que fêlé, est encore en place.

La découverte de Göbekli Tepe est venue contredire l’image que l’on a souvent des dernières sociétés de chasseurs-cueilleurs – appelées mésolithiques en Europe – représentant de petits groupes vivant furtivement dans des campements éphémères et isolés au sein de la forêt primaire. Même en Europe, il existait des sociétés mésolithiques bâtissant et sculptant en pierre, bien que sous des formes plus légères, comme à Lepenski Vir sur les bords du Danube. Ailleurs dans le monde, des chasseurs-cueilleurs ont pu élever des structures monumentales. Ainsi, les sociétés sédentaires du Jomon au Japon ont érigé des tours massives en bois, de très grandes maisons collectives et même des menhirs au cours des derniers [...]


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Göbekli Tepe, Turquie

Göbekli Tepe, Turquie
Crédits : Jean-Paul Demoule

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Stèle ornée, Göbekli Tepe

Stèle ornée, Göbekli Tepe
Crédits : Vincent Musi/ National Geographic Creative/ Bridgeman Images

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Plan du site de Göbekli Tepe

Plan du site de Göbekli Tepe
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et à l'Institut universitaire de France

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FIGURATION, paléolithique et néolithique

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 4 558 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Révolution néolithique, révolution des images »  : […] En effet, à partir de – 10000 environ, dans l’actuelle période interglaciaire, des communautés de chasseurs-cueilleurs, de manière indépendante dans plusieurs régions du monde, se sédentarisent et inventent progressivement la domestication des animaux et des plantes, qui caractérise ce qu’on appelle le Néolithique. Ce bouleversement radical s’accompagne aussi d’une modification des figurations, s […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Jean-Paul DEMOULE, « GÖBEKLI TEPE, site archéologique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gobekli-tepe-site-archeologique/