GLACIÈRE, architecture

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Conservation de la glace dans une glacière type à couverture en coupole

Conservation de la glace dans une glacière type à couverture en coupole
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Coupe des principales formes de glacières connues au XVIIe et au XVIIIe siècle

Coupe des principales formes de glacières connues au XVIIe et au XVIIIe siècle
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les glacières-fabriques

Dans la seconde moitié du xviiie siècle apparaît un édicule original lié à l'avènement du jardin irrégulier en France : la glacière-fabrique. En effet, jusqu'alors, l'intégration de ce bâtiment d'utilité dans le cadre du jardin régulier était rendue difficile par le critère de convenance, cher aux théoriciens de l'architecture, qui imposait qu'aucun objet domestique ne vienne troubler la vue de la « belle nature ». Pour cette raison, jusqu'au milieu du xviiie siècle, les glacières sont éloignées dans les basses-cours, proches des cuisines (château de Champs-sur-Marne) ou isolées derrière des murs (Grand Trianon) ou encore cachées dans un bosquet, à l'abri des regards (château de Marly).

Au contraire, les jardins pittoresques exploitent les éminences offertes par les buttes de terre qui recouvrent généralement les voûtes des glacières comme autant de points de mire permettant l'implantation de belvédères et de fabriques. Le premier exemple connu nous est donné par Servandoni, en 1750, dans le parc du château de Gennevilliers (disparu) où l'architecte bâtit au-dessus de la glacière un temple circulaire dédié à l'Aurore. Le programme comprend ici, outre la glacière, une salle fraîche à l'intérieur du tempietto dont le plafond représente l'Aurore sur son char. Cet exemple montre que l'agrément peut accompagner l'utilité dans un jardin. De nombreux châteaux d'Île-de-France seront dotés de ce type de glacière à partir de 1770.

Mais l'agencement de ces glacières-fabriques est souvent plus réduit qu'à Gennevilliers, elles sont formées d'allées tournantes (Champs-sur-Marne) ou de belvédères parfois rudimentaires, mais aux noms évocateurs, comme la « Tour des paladins » à Bagatelle, le « Minaret » au jardin de Monceau ou encore le « Parnasse » à Gournay-sur-Marne. Elles deviennent ainsi des attractions et Antoine-Nicolas Dézalliez-d'Argenville (1768) mentionne dans son Voyage pittoresque aux environs de Paris que le duc de Villeroy donna des concerts dans sa glacière de Mennecy (Essonne).

D'autres glacières-fabriques [...]


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Écrit par :

  • : enseignant-chercheur à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Christophe MORIN, « GLACIÈRE, architecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/glaciere-architecture/