PANKOW GISELA (1914-1998)

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La psychiatre et psychanalyste franco-allemande Gisela Pankow est née à Düsseldorf en 1914, au sein d'une famille protestante et démocrate, qui fut ultérieurement victime du nazisme. Convertie au catholicisme, elle conservera toujours vivante sa foi, mise au service de la justice et de la dignité à rendre aux malades mentaux. Docteur en médecine et neuropsychiatrie en 1939, elle fut l'assistante d'Ernst Kretschmer (1888-1964), directeur de la clinique neurologique de l'université de Tübingen. Sous l'influence de la théorie biotypologique de celui-ci, qui cherchait à établir des corrélations entre le type somatique et le type psychique, ses premiers travaux publiés en allemand (1948) et en français (1951-1953) concernent la structure du visage et la craniométrie. Elle fait une analyse didactique auprès de deux membres du Deutschs Institut für Psychotherapeutische Forschung und Psychotherapie de Tübingen (1944-1947) : Luise Weizächer, puis Kate Weizsächer-Hoss, suivie d'un contrôle avec cette dernière (1947-1951). Après sa venue à Paris en 1950 à l'occasion du premier congrès de l'Association mondiale de psychiatrie, organisé par Henri Ey, elle est accueillie l'année suivante dans le service d'endocrinologie du professeur Jacques Decourt à l'hôpital de la Pitié. En 1953, elle soutient une thèse de doctorat ès sciences à l'université de Paris sur « Les Rapports métriques entre la base du crâne et la partie supérieure de la face ». Inscrite à la société française de psychanalyse, elle entreprend des contrôles avec Daniel Lagache, Jacques Lacan et Françoise Dolto. Enfin, de 1957 à 1959, elle parachève sa formation à Berne auprès d'Ernst Blum, de la Société suisse de psychanalyse. En 1956, elle publie Structuration dynamique dans la schizophrénie, dont le sous-titre, Contribution à une psychothérapie analytique de l'expérience psychotique du monde, manifeste son souci d'associer la pensée psychanalytique à la phénoménologie de l'« être-au-monde ». Ainsi se réfère-t-elle à Martin Heidegger ou à Gustav Siewerth, quasi ignorés en France à cette date dans les milieux médicaux. La Méthode de structuration dynamique appliquée à un cas hallucinatoire chronique paraît en 1958. Pour mieux connaître la psychiatrie anglophone, elle effectue un voyage d'étude en Australie, suivi d'un séjour aux États-Unis (janvier-juin 1957) comme assistante de recherche à l'institut de psychiatrie de l'université de Baltimore. Elle rencontre des cliniciens célèbres : John Rosen, Gregory Bateson, Flanders-Dunbar, et surtout Frieda Fromm-Reichmann, directrice de la Chestnut Lodge Clinic, qui l'encourage à approfondir sa méthode : « C'est la première psychanalyse des psychoses qui soit enseignable », lui dit-elle. À son retour, elle se fixe définitivement à Paris. En 1960, elle quitte la Société française de psychanalyse, qui ne lui laisse pas toute liberté de recherche et d'enseignement, et elle adhère à titre personnel à l'Association internationale de psychanalyse. Ses livres majeurs sont traduits en plusieurs langues : L'Homme et sa psychose (1969), Structure familiale et psychose (1977), L'Être-là du schizophrène (1981), L'Homme et son espace vécu (1986). Elle écrit de nombreux articles et donne des conférences dans plusieurs pays d'Europe, en Tunisie, aux États-Unis, au Canada, en Australie. Elle assure pendant plus de trente ans un séminaire privé (cf. Pankow et al., 25 Années de psychothérapie analytique des psychoses, 1984) et un séminaire public sous l'égide de l'université de Paris-VI, (faculté de médecine Saint-Antoine). De 1960 à 1970, elle est chargée de cours à la faculté de médecine de Bonn. Gisela Pankow meurt à Berlin le 14 août 1998.

Son concept d'image du corps vécu s'appuie sur la reconnaissance des structures ou lois immanentes du corps, car l'usage du seul langage ne suffit pas pour restructurer les dissociations de l'identité de l'être humain dans sa relation à soi-même et à autrui. La distinction entre la première fonction de l'image du corps, qui concerne la structure spatiale et formelle d'un lien dynamique entre parties et totalité ou intériorité et extériorité, et la deuxième fonction, qui porte sur le contenu et le sens de cette structure, fonde la technique pankowie [...]

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Écrit par :

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

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Pour citer l’article

Pierre-Paul LACAS, « PANKOW GISELA - (1914-1998) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gisela-pankow/