DE CHIRICO GIORGIO (1888-1978)

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Les ombres longues

Né à Volo, en Thessalie, où son père dirigeait la construction de chemins de fer, De Chirico fut initié de bonne heure au dessin et étudia la peinture à Athènes (1899), puis à Munich. Ce second et décisif apprentissage coïncide avec la mort du père (1906), gentilhomme sicilien qui a certainement beaucoup marqué son fils. Moins toutefois que sa mère, la baronne De Chirico, personnalité tyrannique qui décide tant de son séjour à Munich que du retour en Italie (1909) et du départ du jeune artiste pour Paris (1911).

À Munich, De Chirico s'est moins intéressé à l'enseignement officiel des Beaux-Arts qu'à la peinture d'Arnold Böcklin et de Max Klinger, et surtout qu'à la philosophie de Schopenhauer et de Nietzsche. Il a la révélation, à Turin, de la suspension du temps (écho possible de L'Éternel Retour) dans l'allongement insolite de l'ombre des statues à certaines saisons. « Pour qu'une œuvre d'art soit vraiment immortelle, il faut qu'elle sorte complètement des limites de l'humain : le bon sens et la logique y font défaut. De cette façon, elle s'approchera du rêve et aussi de la mentalité enfantine. », déclare De Chirico en 1985. Enfin, à Paris, il entre en contact avec Apollinaire, dont il fait le portrait en 1914 (Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris) et Picasso. Il expose au Salon d'automne en 1906 et à celui des Indépendants en 1913, Apollinaire qualifie, le premier, ses toiles de « métaphysiques ».

Ses premières peintures importantes ont précédé de peu son départ (L'Énigme d'un après-midi d'automne, 1910 et L'Énigme de l'oracle, 1910) : l'exil n'est pas moins fécond. C'est la période « des arcades » : portiques, tours, places quasi désertes expriment une nostalgie qu'il serait vain de réduire à l'anecdote subjective. D'autant que De Chirico rédige alors (1913) quelques cahiers d'une importance extrême, où il se montre essentiellement soucieux de capter et de transmettre les messages d'une « inspiration » qui vient de bien plus loin, d'un « lieu » où travaillent des « forces o [...]


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Pour citer l’article

Gérard LEGRAND, « DE CHIRICO GIORGIO - (1888-1978) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/giorgio-de-chirico/