CASANOVA GIACOMO (1725-1798)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'Europe galante

Ses voyages conduisent Casanova dans les principales capitales européennes, notamment à Paris, où il fit deux séjours principaux, de 1750 à 1752, puis de 1757 à 1759. Entre les deux, il connut l'un des épisodes les plus célèbres de sa vie : dénoncé pour escroquerie, parasitisme et libertinage, il est enfermé à Venise à la prison des Plombs (le 26 juillet 1755), mais réussit à s'en évader avec une grande habileté. Le récit de cette évasion est un grand moment des Mémoires. Ses entreprises mêlent toujours la science et l'imposture. Pendant son second séjour à Paris, il obtient l'agrément de financiers, comme Pâris Duverney, et de mathématiciens, comme d'Alembert, pour faire ouvrir des bureaux de loterie ; c'est l'origine de la Loterie royale. Mais ses succès sont éphémères, son caractère instable et de nouvelles aventures le poussent toujours vers un autre lieu. En Pologne, il tue en duel le comte Branicki – épisode qui constitue un autre récit célèbre des Mémoires. À Londres, il connaît sa seule défaite en amour et supporte mal les déboires que lui inflige une terrible coquette, la Charpillon. Ses voyages sont caractéristiques du siècle ; indifférent aux paysages, il s'intéresse aux villes et aux hommes célèbres de son temps. Il est de cette époque où Mozart écrivait : « Je vous assure que si l'on ne voyage pas, on n'est vraiment qu'un pauvre individu. » Mais il avait sans doute des raisons plus précises de voyager, qui peuvent expliquer aussi comment il en avait les moyens ; on pense qu'il était agent ambulant de la franc-maçonnerie, chargé d'assurer la cohésion de l'internationale maçonnique. Initié à Venise, confirmé à Lyon en 1750, il est peut-être devenu agent secret du Grand-Orient à partir de 1760. On l'a aussi soupçonné d'être un espion appointé par différents gouvernements.

Assez discret sur son rôle politique éventuel, Casanova l'est beaucoup moins à l'égard de ses aventures amoureuses. On a estimé que de 1735 à 1774, il avait eu cent vingt-deux amantes, mai [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages





Écrit par :

  • : ancienne élève de l'École normale supérieure de Sèvres, professeure agrégée des Universités (littérature comparée), université de Paris-VII-Denis-Diderot

Classification


Autres références

«  CASANOVA GIACOMO (1725-1798)  » est également traité dans :

HISTOIRE DE MA VIE, Giacomo Casanova - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Michel DELON
  •  • 1 136 mots

Intitulées Histoire de ma vie, les Mémoires de Giacomo Casanova (1725-1798) ont été rédigés de 1789 à sa mort. Le manuscrit a été acheté au fils d'une nièce de l'auteur par l'éditeur allemand Brockhaus en 1820, publié en traduction allemande (1822-1828), puis dans une version française édu […] Lire la suite

LIBERTINS

  • Écrit par 
  • Robert ABIRACHED, 
  • Antoine ADAM
  •  • 5 708 mots

Dans le chapitre « Une nouvelle typologie du libertinage »  : […] Dans le langage courant du xviii e siècle, le mot de libertinage renvoie à des sens aussi divers que partie de plaisir, plaisir, sensualité, principes de dévergondage et de dissipation, liberté de ton et de parole, etc. Le libertin est l'homme à bonnes fortunes, du coquin au débauché, du polisson au licencieux. C'est Crébillon fils (1707-1777) qui, le premier, a proposé une définition précise et […] Lire la suite

LOTO

  • Écrit par 
  • Thierry DEPAULIS
  •  • 1 316 mots

Dans le chapitre « Gênes et la naissance du loto »  : […] Le goût du pari poussait depuis longtemps les Italiens à jouer sur les résultats des changements politiques ou ecclésiastiques. Les Génois s'en étaient fait une spécialité. Si Gênes était, comme Venise, une république souveraine, la stabilité politique n'y était pas de mise et, après bien des troubles, il avait fallu, en 1576, imposer une réforme politique : la république était désormais dirigée […] Lire la suite

THOMAS CHANTAL (1945- )

  • Écrit par 
  • Véronique HOTTE
  •  • 993 mots
  •  • 1 média

Chantal Thomas est née en 1945 à Lyon. Directrice de recherche au CNRS, spécialiste du xviii e  siècle, elle est essayiste ( La Reine scélérate. Marie-Antoinette dans les pamphlets , 1989 ; Thomas Bernhard , 1990), romancière, auteure de pièces de théâtre et fait de son érudition une promenade élégante et souriante tournée vers le siècle des Lumières, en compagnie des grands libertins, comme Sade […] Lire la suite

Pour citer l’article

Denise BRAHIMI, « CASANOVA GIACOMO - (1725-1798) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/giacomo-casanova/