GHAZNĪ, RHAZNĪ ou GHAZNA

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La capitale des Ghaznévides

Alptigin, d'origine turque, d'abord commandant en chef de la garde des Sāmānides, avait obtenu le poste de gouverneur du Khurāsān sous le règne de ‘Abd al-Malik (954-961). Destitué de cette haute charge par le Sāmānide suivant, il se retira à Balkh. Mais, chassé de cette ville par l'armée sāmānide, il alla se réfugier à Ghaznī (962), où il fonda une principauté indépendante. Son fils lui succéda, puis trois de ses esclaves ; le dernier, Sebüktigin, sera en 976 le fondateur d'une dynastie qui allait durer deux siècles. Maḥmūd, le fils aîné de Sebüktigin, lui succéda en 998. Il sera l'une des plus éminentes figures de l'histoire musulmane.

Son règne dura trente-deux ans, au cours desquels il unifia tout le territoire afghan et étendit son empire dans toutes les directions, en Iran (Rayy et Iṣfahān), au Khwārizm et en Inde, où il ne fit pas moins de dix-sept raids, poussant jusqu'au Gange et au Mālwa. Il annexa le Khurāsān, la Transoxiane, Samarkand et Bokhārā. Bien que Maḥmūd de Ghaznī ait ressemblé plus à un chef de razzias qu'à un véritable conquérant, il aimait la compagnie des hommes cultivés. C'est ainsi que la cour de Ghaznī devint le centre d'une culture raffinée. Maḥmūd y fonda une madrasa dotée d'une riche bibliothèque, qui attira des professeurs de talent, des savants et des poètes. Le célèbre poète Firdūsī y vécut et dédia à Maḥmūd une de ses œuvres les plus importantes.

Toutefois, les monuments élevés sous le règne de Maḥmūd furent peu nombreux. Son tombeau, construit sous le règne de son fils Mas‘ūd Ier dans le palais de Turquoise, est situé au milieu d'un superbe jardin dont les poètes du temps ont chanté les délices.

Ghaznī possède encore deux minarets datant de la grande époque des Ghaznévides : celui de Mas‘ūd III (1099-1114) et celui de Bahrām Shāh (1117-1153). De plan étoilé, ils sont malheureusement très mutilés. Construits en briques cuites et couverts d'un revêtement de plâtre, ils sont ornés de panneaux contenant des inscriptions en écriture coufique à bordure tressée, des arabesques florales et des dessins géométriques [...]


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Écrit par :

  • : conservateur en chef du département des Arts asiatiques des Musées nationaux (musée Guimet), professeur à l'École du Louvre

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Pour citer l’article

Jeannine AUBOYER, « GHAZNĪ, RHAZNĪ ou GHAZNA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ghazni-rhazni-ghazna/