DULAC GERMAINE (1882-1942)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un cinéma impressionniste

Fille d'officier, Charlotte Élisabeth-Germaine Saisset-Schneider naît à Amiens dans une famille aisée. Confiée à sa grand-mère, l'adolescente s'établit à Paris où elle se forme à la photographie, à la musique et à la danse. Elle épouse, en 1905, le romancier Albert Dulac dont elle divorce en 1920. De 1909 à 1913, Germaine Dulac collabore au journal féministe La Française. Là, gagnée par les idées socialistes, elle défend le droit de vote des femmes et écrit des critiques de théâtre. L'actrice Stasia Napierkowska lui fait découvrir le cinéma en 1914. La jeune femme a l'intuition que c'est à travers cet « art » en devenir qu'elle va pouvoir développer ses idées artistiques et humaines.

En 1915, elle crée sa maison de production – D.E.L.I.A., puis D.H. Films – en collaboration avec la romancière Irène Hillel-Erlanger, sa future scénariste. De 1915 à 1920, elle réalise divers films, dont les premiers, nonobstant une certaine théâtralité, témoignent d'une utilisation recherchée de la composition du cadre.

De sa rencontre avec le critique Louis Delluc naît La Fête espagnole (1919), film fondateur du courant avant-gardiste français dénommé, a posteriori par Henri Langlois et Georges Sadoul, impressionnisme. Il regroupera des cinéastes « formalistes » (Marcel L'Herbier, Germaine Dulac, Abel Gance, Louis Delluc, Jean Epstein) qui s'appuient sur l'image seule pour créer sens et harmonie. À travers un montage sophistiqué, ce film exprime, dans un environnement réaliste, aux décors naturels, la vie intérieure des personnages.

Dix ans vont passer entre la publication de l'article « Mise-en-scène » (1917) – le premier d'une série développant sa théorie du mouvement et du rythme comme qualités intrinsèques au cinéma – et la réalisation de ses authentiques films non narratifs : La Coquille et le clergyman et L'Invitation au voyage (1927). Elle rejoint, avec ses textes, un courant de pensée dont le porte-parole est le théorici [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  DULAC GERMAINE (1882-1942)  » est également traité dans :

ARTAUD ANTONIN (1896-1948)

  • Écrit par 
  • Paule THÉVENIN
  •  • 3 395 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La tentative surréaliste »  : […] On a beaucoup parlé de l'adhésion d'Antonin Artaud au mouvement surréaliste, encore plus des désaccords qui provoquèrent la rupture. On n'a jamais cherché vraiment à analyser les raisons qui firent participer cet homme séparé, isolé en lui-même (« Je puis dire, moi, vraiment, que je ne suis pas au monde, et ce n'est pas une simple attitude d'esprit. »), aux activités d'un groupe. Sans doute une ce […] Lire la suite

CINÉMA (Aspects généraux) - Les théories du cinéma

  • Écrit par 
  • Youssef ISHAGHPOUR
  •  • 5 375 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Photogénie, drame visuel et pensée (l'avant-garde française) »  : […] La première question, pour ceux qui se sentent encore obligés de défendre le cinéma, c'est de montrer que c'est un art avec des buts spécifiques. Ils ne manqueront pas de prétendre que cet art dépasse tous les autres ! Le cinéma, pour eux, sera la religion de l'avenir, la nouvelle cathédrale de l'humanité sortie de l'individualisme, et le « temps de l'image », celui de la réalisation de tous les a […] Lire la suite

CINÉMA (Réalisation d'un film) - Montage

  • Écrit par 
  • Joël MAGNY
  •  • 3 666 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « L'avant-garde française : voir et sentir »  : […] En France, La Roue , d' Abel Gance (1922-1923), pousse à l'extrême le montage rapide révélé par Naissance d'une nation pour en faire un « montage accéléré ». Le montage est principalement conçu par l'avant-garde impressionniste comme « cadence » (Louis Delluc), par analogie avec la musique. Le « montage rythmique » peut jouer sur l'accélération, mais aussi sur une lenteur savamment calculée comme […] Lire la suite

SURRÉALISME & CINÉMA

  • Écrit par 
  • Ado KYROU
  •  • 1 414 mots

Le cinéma à proprement parler surréaliste peut paraître à première vue mince, voire pauvre. Il n'en est rien : le surréalisme a imprégné quantité de films. Les surréalistes, ceux qui firent partie du groupe et qui signèrent les textes importants de l'entre-deux-guerres, se méfièrent du cinéma, retrouvant dans les seuls films populaires (par exemple Fantomas ), burlesques (par exemple ceux des Marx […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Raphaël BASSAN, « DULAC GERMAINE - (1882-1942) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/germaine-dulac/