SÉFÉRIS GEORGES (1900-1971)

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Un déraciné

Fils aîné de Stélio et Despo Séfériades, le poète, né à Smyrne, connut une enfance heureuse. Son père ne manquait pas de qualités : juriste, plus tard professeur de droit international à Athènes, républicain convaincu et partisan de la langue populaire, il publia des poèmes et des traductions. En 1914, la déclaration de guerre obligea la famille Séfériades à s'installer dans la capitale, où le poète termina ses études secondaires. Étudiant en droit à Paris, de 1918 à 1924, il y apprend, en 1922, la débâcle d'Asie Mineure : l'armée grecque est vaincue, Smyrne incendiée par les Turcs, les populations helléniques chassées des côtes orientales de la mer Égée.

Séféris choisit la carrière diplomatique. À partir de 1926 et jusqu'aux dernières années de sa vie, il reste au service du ministère des Affaires étrangères, assumant souvent des responsabilités importantes. Ses postes, en Europe et en Asie, se succèdent, ses déplacements à l'étranger sont continuels. Il n'est pas étonnant que trois recueils de ses poèmes s'intitulent Journal de bord. Obligé de vivre loin de son pays, il n'en cache pas la blessure : « Où que me porte mon voyage, la Grèce me fait mal. » Lorsque, enfin, retiré du service public, il se fixe à Athènes pour s'occuper exclusivement de son œuvre, le coup d'État militaire de 1967 le voue au silence, décidé à ne rien publier, en signe de protestation ; il est mort sous une dictature qu'il désapprouva formellement.

Cette vie de voyageur errant n'est pas pour rien dans la conception d'une Odyssée nationale, symbole du sort hellénique. Un autre auteur grec, Nikos Kazantzaki, ne fut pas moins sensible au destin d'Ulysse. Liant son expérience personnelle à celle de ses compatriotes, Séféris sut et put construire sa mythologie sur les bases d'un drame commun. Déraciné plutôt que dépaysé, il cherche en vain à s'implanter dans un sol qui ne lui appartient pas. Ses compagnons sont définitivement restés « dans l'autre vie, l'engloutie » ; aucun changement n'est pos [...]


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Écrit par :

  • : professeur de littérature néo-hellénique à l'université de Salonique

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MYTHOLOGIE, Georges Séféris - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Claude-Henry du BORD
  •  • 946 mots

Être grec en pays étranger, condamné par l'exil à la nostalgie du pays natal, tel est le destin de Georges Séféris (1900-1971) naît à Smyrne, sur une terre qui n'allait pas rester longtemps grecque. Fils d'un intellectuel qui fit ses études en France, Séféris entre à l'École normale classique d'Athènes puis fait son droit à Paris où sa famille s'installe en 1918. En 1922, l'armée grecque connaît l […] Lire la suite

Pour citer l’article

Panayotis MOULLAS, « SÉFÉRIS GEORGES - (1900-1971) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-seferis/