HENEIN GEORGES (1914-1973)

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Écrivain et journaliste égyptien, né au Caire dans une grande famille copte (son père avait été ambassadeur à Madrid, puis à Rome), Georges Henein est nourri dès son plus jeune âge de toutes les cultures sans pour autant être coupé de la sienne (il écrit en arabe aussi bien qu'en français, en anglais ou en italien). Après avoir fait ses études secondaires et universitaires à Paris, il retourne au Caire en 1934. Entre les deux guerres, il va être, en Égypte, à l'origine des courants surréaliste et socialiste qui se confondirent un temps dans le trotskisme. Il fonde, en 1947, au Caire une revue, La Part du sable, et une maison d'édition du même nom qui publie notamment Yves Bonnefoy et Edmond Jabès.

En 1960, il quitte l'Égypte de Nasser pour Athènes, Rome, puis Paris. Rédacteur en chef de Jeune Afrique, il travaille à partir de 1969, à L'Express.

Ami d'André Malraux, Henri Calet, Henri Michaux et André Breton, lequel avait reconnu en lui un compagnon et un disciple, Georges Henein ne fut pas seulement un représentant typique de la société intellectuelle égyptienne, ouverte à toutes les influences, traversée par tous les débats d'idées, curieuse, contrariée, ardente et bigarrée. Publication posthume, ses Carnets 1940-1973 (1980) portent un jugement sans illusion sur l'homme du xxe siècle, et sur sa liberté, tellement proclamée, tellement proche du leurre. D'où la nécessité du secret : « La dernière ressource de l'homme contemporain est de ne pas dire ce qu'il est. La société moderne, quelle que soit son orientation particulière, a choisi de fonder sa connaissance des êtres sur le questionnaire, non sur le dialogue. » D'où une œuvre rare mais d'une totale nécessité, qui prend la forme du poème (Déraison d'être, 1938 ; L'Incompatible, 1950), de la nouvelle (Notes sur un pays inutile, 1977) ou de l'essai, notamment à travers une méditation sur la figure de Julien l'Apostat (Deux Effigies, 1978), incarnation du désir de rupture sur lequel Georges Henein ne cesse de revenir. Il a en outre collaboré à un ouvrage collectif paru en France en 1969 : Petite Encyclopédie politique, où, à propos de l'article « Liberté », il défend l'idée que l'on est passé de la « liberté-poésie » à la « liberté-marchandise », où se confondent les deux grandes forces matérialistes du xxe siècle : capitalisme et marxisme.

La liberté de l'esprit était en effet un impératif pour ce gentilhomme intellectuel qui, avec une nonchalante simplicité, avait fait son credo du respect des autres et de leurs idées.

—  Paul MORELLE, Universalis

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  • Michel P. SCHMITT
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Après la mort de l'écrivain en 1973, Sarane Alexandrian avait signé un Georges Henein chez Seghers (1981) tandis que la revue Grandes largeurs publiait sa correspondance avec Henri Calet. Sous la direction de Pierre Vilar, l'édition des Œuvres (2006), qui rassemble un large choix de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/oeuvres-g-henein/#i_97642

Pour citer l’article

Paul MORELLE, « HENEIN GEORGES - (1914-1973) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-henein/