LA TOUR GEORGES DE (1593-1652)

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La notoriété et l'oubli

Fils d'un boulanger de Vic, aujourd'hui Vic-sur-Seille, dans l'évêché de Metz, Georges de La Tour naît en mars 1593. Il était issu de ce milieu relativement aisé d'artisans et de petits propriétaires qui, dans l'ancienne France, fut de tout temps une réserve d'élites. Son mariage, en 1617, avec Diane Le Nerf, fille d'un argentier du duc de Lorraine Henri II, alliée à toute la noblesse locale, marque le début de son ascension sociale. En 1620, l'artiste décide de s'installer à Lunéville, berceau de la famille de sa femme, parce qu'il sait que le marché nancéien, dominé par Jacques de Bellange jusqu'à sa mort en 1616, mais bientôt investi par Claude Deruet et Jean Leclerc revenus d'Italie respectivement en 1619 et avant 1622, lui est en grande partie fermé. Dans cette petite ville où le duc fait alors bâtir un nouveau château, il peut à la fois compter sur de solides appuis et devenir, sans nul risque de concurrence, un peintre prospère. Les marques de la faveur ducale ne se font guère attendre : nanti dès 1620 de lettres d'exemption fiscale qui lui confèrent des privilèges voisins de ceux de la noblesse, il exécute pour Henri II, en 1623 et 1624, deux tableaux, aujourd'hui perdus. Bien que ses prix soient très en dessous de ceux pratiqués par un Deruet, son activité semble vite des plus florissantes : engagement d'apprentis, achat d'une coûteuse propriété à Lunéville, tout indique déjà, dans les années 1625-1630, une belle réussite. Cependant, entre 1631 et 1635, l'horizon s'obscurcit : la Lorraine, investie par les Français en lutte contre les Impériaux, entre dans la guerre de Trente Ans. Frappée par la peste à deux reprises, rançonnée par les troupes de passage, Lunéville est finalement incendiée en 1638. À cette occasion disparaît sans doute une bonne part de l'œuvre de La Tour. Soucieux de ses intérêts, le peintre se rallie très vite aux Français : en 1634, après l'abdication du duc Charles IV, il prête serment de fidélité à Louis XIII, avec d'autres personnali [...]

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Pour citer l’article

Robert FOHR, « LA TOUR GEORGES DE - (1593-1652) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-de-la-tour/