MEREDITH GEORGE (1828-1909)

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Contre le « sentimentalisme »

Né à Portsmouth, mort à Box Hill (Surrey), Meredith fut définitivement marqué par l'abandon de sa première femme. Sa cible préférée fut le « sentimentaliste », c'est-à-dire celui qui confond sentiment et sensation, « qui désire jouir des choses sans en payer le prix ». Son roman The Egoist (1879) met en scène une figure appartenant à cette catégorie haïe, de même que dans The Adventures of Harry Richmond (1871) l'auteur avait dépeint un père aventurier, séducteur et mythomane. Tout comme le sentimentaliste, l'homme de système qui règle ses comptes à travers autrui est un égoïste qui s'ignore, attitude débusquée par Meredith à travers le personnage de sir Austin dans son premier roman, The Ordeal of Richard Feverel, où un père, avide de principes creux, frappé de cécité mentale, est pris à son propre piège. Tel est aussi le thème fondamental de ce petit chef-d'œuvre : The Tragic Comedians. Alvan, le protagoniste, athlète de la pensée et de l'action, est inspiré par la figure d'un certain Y. F. Lasalle, chef du parti républicain allemand, qui mourut en 1864 des suites d'un duel absurde. De ce point de départ historique, des mémoires irritants que laissa l'héroïne de l'histoire où elle traçait les lignes de son apologie personnelle, Meredith a tiré la substance de cette œuvre où un homme remarquable, vaniteux, débordant de vitalité, croit s'éprendre d'une petite oie blanche romanesque. Vision ironique d'une passion dépourvue d'amour, où chacun ne fait que poursuivre une image idéale de soi-même. On le voit : l'égocentrisme, ce délire borné d'une imagination occupée de soi où le réel, si riche, est perdu de vue, la mauvaise foi, cette rationalisation des faiblesses, vont jusqu'à causer la perte des êtres d'élite. Si Meredith dépeint toujours une certaine classe aisée, ce n'est ni par snobisme ni par esprit de caste, mais parce qu'elle permet précisément l'analyse des êtres les plus libres de s'adonner à leurs folies et à leurs travers. Personne n'a mieux montré la vanité creuse des idoles : ainsi cette [...]

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Diane de MARGERIE, « MEREDITH GEORGE - (1828-1909) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/george-meredith/