BERKELEY GEORGE (1685-1753)

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Le philosophe, le missionnaire et le médecin

Né à Thomastown, près de Kilkenny, le 12 mars 1685, Berkeley appartenait, par son père, à la petite noblesse anglo-irlandaise, récemment installée en Irlande. C'est sans doute le souvenir d'une mère originaire de ce pays qui le fait s'affirmer pourtant comme Irlandais dans ses Cahiers de notes personnelles. Il entre au collège de Kilkenny en 1694 ; puis en 1700 au Trinity College de Dublin, illustre maison où, par les soins de la famille Molyneux, l'Essai de Locke (1690) jouissait d'un prestige inégalé ailleurs. Berkeley est reçu bachelier ès arts en 1704. Il attendra ensuite une vacance de poste pour devenir, en 1707, chargé de cours (Junior Fellow) au Trinity College. Pour obtenir la chaire souhaitée, il s'était consacré à des études ponctuelles en mathématiques (Arithmetica, Miscellanea Mathematica, Of Infinites) ; il avait aussi réfléchi sur le temps et sur la vision ; enfin, il avait, avec des camarades, discuté de la « nouvelle philosophie ». Par là, on entendait alors celle de Descartes, ainsi que les prolongements et variations que désigne aujourd'hui encore le mot « cartésianisme ». Mais, en 1707, c'est peut-être de la philosophie de Berkeley qu'il s'agit ; celui-ci confiera à Percival avoir mûri une première hypothèse immatérialiste, dont on trouve trace dans les Cahiers et qu'il déclare avoir révisée à l'issue de discussions amicales. En 1709, Berkeley publie l'Essai pour une nouvelle théorie de la vision (N.T.V.), qui présentait la double originalité de critiquer l'optique géométrique et de poser les bases, non de l'immatérialisme stricto sensu, mais d'une métaphysique originale : l'hétérogénéité totale des données issues des différents sens faisait de la nature un langage référé à la stabilité relative des données tactiles.

En 1710, paraît à Dublin la première (et unique) partie du Traité des principes de la connaissance humaine ; l'objectif y était de montrer que la « substance maté [...]

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  • : agrégée de philosophie, docteur ès lettres, chargée de recherche au C.N.R.S.

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Pour citer l’article

Geneviève BRYKMAN, « BERKELEY GEORGE - (1685-1753) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/george-berkeley/