BRANDES GEORG (1842-1927)

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Naissance d'un critique

Georg Harris Cohen Brandes est né à Copenhague, de parents juifs commerçants. Ses ascendances expliquent quelques-uns de ses traits marquants : son intelligence aiguë, sa passion pour les idées, sa perméabilité très grande aux influences successives, sa curiosité, ses fulgurantes intuitions. Il entreprend ses études en 1859, obtient sa licence d'esthétique en 1864. La mode étant à Hegel, tel que l'a vulgarisé Johan Ludvig Heiberg, il milite aussitôt en sa faveur, dans ses critiques dramatiques du Journal illustré, dans ses Études esthétiques (1868) et ses Critiques et portraits (1870).

Puis il découvre la pensée française, avec laquelle il se familiarise progressivement et qu'un séjour de quelques mois à Paris, en 1867, lui fait connaître de tout près. Sainte-Beuve lui enseigne à chercher l'homme derrière l'œuvre, et la psychologie dans l'homme. Taine le convertit à la célèbre théorie de la race, du milieu et du moment. Il reprend toutes ces vues dans sa thèse de doctorat, L'Esthétique française de nos jours (1870), et va chercher sur place, en 1870-1871, en Angleterre, France et Italie, les témoignages dont il a besoin. Il rencontre Taine, Renan, Ibsen et Stuart Mill dont il vient de traduire l'Assujettissement des femmes. Rentré au Danemark, sa voie est tracée pour dix ans : il se sent la mission de sortir le Danemark, et le Nord en général, de leur isolement culturel, et entreprend, en novembre 1871, ses célèbres cours sur les littératures européennes du xixe siècle : il va devenir le guide incontesté des jeunes générations, arbitre en quelque sorte des destinées littéraires de la Scandinavie, l'un des plus grands brasseurs d'idées et découvreurs de talents qu'ait connus l'Occident. Avec son frère Edvard, il dirige la revue Le Dix-Neuvième Siècle, de 1874 à 1878, qui contribuera à la diffusion de ses idées. Parallèlement, il publie ses conférences, sous le titre Les Grands Courants de la littérature européenne du XIXe siècle (1872-1890).

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Écrit par :

  • : professeur émérite (langues, littératures et civilisation scandinaves) à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Dans le chapitre « La percée moderne et ses suites »  : […] La seconde moitié du xix e  siècle voit, dans plusieurs pays d'Europe, la montée d'un mouvement de type réaliste qui se substitue au romantisme. Ces idées nouvelles gagnent le Danemark vers 1870. Le porte-parole des temps nouveaux fut Georg Brandes (1842-1927). Dans ses célèbres conférences publiques de 1871 ( Les Grands Courants de la littérature européenne ), il déclara la guerre aux traditions […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Régis BOYER, « BRANDES GEORG - (1842-1927) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-brandes/