BASELITZ GEORG (1938- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La violence de la surface

Né en 1938, dans un village de Saxe, Deutschbaselitz, qui lui inspirera son pseudonyme, Hans Georg Kern s'inscrit en l955 à l'École supérieure des arts plastiques de Berlin-Est, dont il est très vite renvoyé pour « manque de maturité sociopolitique ». Deux ans plus tard, il fréquente l'École des beaux-arts de Berlin-Ouest, où il s'installe définitivement en 1958. « L'enseignement y étant fondé sur l'art informel, j'ai compris, dira-t-il, qu'il ne me convenait pas et je me suis lentement retiré de l'École. » L'artiste rédige alors deux manifestes : Pandamonium I et II, fortement influencés par Antonin Artaud. Dans ces véritables déclarations d'intention au lyrisme exacerbé et volontiers blasphématoire, Baselitz revendique la rupture comme façon d'être et d'œuvrer. En l963, lors de sa première exposition personnelle à Berlin, deux de ses œuvres, dont Die Große Nacht im Eimer (La Grande Nuit foutue, Museum Ludwig, Cologne), sont interdites pour outrage public à la pudeur. Œuvres violentes et provocatrices par leur iconographie, elles témoignent d'une volonté stratégique fondée sur un puissant désir de singularité. Et, fait rare pour l'époque, lorsque Baselitz se cherche des affinités, il se tourne vers Dubuffet, Chaissac, Fautrier, Eugène Leroy, Munch, Nolde ou Steinberg.

De 1965 à 1969, l'artiste réalise plusieurs séries qui marquent autant d'étapes capitales dans l'élaboration de son propre système formel. Avec les Héros, les Frakturbild (Fractures) et les Waldarbeiter (Bûcherons), il travaille essentiellement sur la figure humaine, qui envahit la quasi-totalité de la toile. Cette même figure qu'il met à mal, brutalise, morcelle, et oriente dans l'espace de manière à créer un véritable défi à son intégrité. Baselitz réinvestit ainsi une certaine tradition de la peinture par le biais du sujet, et instaure un réalisme expressif outrancier du fait du choix des couleurs. De telles œuvres préfigurent le retournement du motif, adopté par l'artiste, à parti [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages



Écrit par :

Classification


Autres références

«  BASELITZ GEORG (1938- )  » est également traité dans :

LEROY EUGÈNE (1910-2000)

  • Écrit par 
  • Bernard MARCADÉ
  •  • 731 mots

Le peintre Eugène Leroy est né à Tourcoing en 1910. Après de courtes études à l'école des Beaux-Arts de Lille, il suit à Paris des cours de dessin à la Grande Chaumière. De retour dans le Nord en 1932, il mène de front son activité de peintre et une carrière d'enseignant de latin et de grec au collège Notre-Dame-des-Victoires de Roubaix. Sa première exposition personnelle a lieu à Lille en 1937. S […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-leroy/#i_93021

RODIN. L'EXPOSITION DU CENTENAIRE (exposition)

  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 974 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un ogre de la sculpture  »  : […] La mort de Rodin, le 17 novembre 1917, à l’âge de soixante-dix-sept ans, marque la fin d’une domination inégalée sur le monde de la sculpture internationale. Le maître de Meudon est devenu depuis le triomphe de son exposition au pavillon de l’Alma en 1900, à l’écart de l’Exposition universelle, l’artiste le plus célèbre de Paris, d’Europe, et donc du monde. Cette gloire qui avait éclipsé la sculp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rodin-l-exposition-du-centenaire/#i_93021

SCULPTURE CONTEMPORAINE

  • Écrit par 
  • Paul-Louis RINUY
  •  • 8 066 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La statuaire retrouvée »  : […] À l’opposé de cette échelle colossale, la représentation en ronde-bosse du corps, dans un esprit très figuratif, suscite à nouveau l’intérêt du public et peut créer le scandale par la crudité de son langage. La Nona Ora ou Le Pape terrassé par un météorite (1999) a ainsi pu choquer, tout comme la représentat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sculpture-contemporaine/#i_93021

Voir aussi

Pour citer l’article

Maïten BOUISSET, « BASELITZ GEORG (1938- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-baselitz/