GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE

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Lieux et territoires

La géographie économique vise à comprendre où et pourquoi certaines activités économiques se créent et, parfois, prospèrent, et en quoi des lieux proches tendent à se ressembler et interagissent sur des territoires.

Lieux

Un lieu est caractérisé par sa localisation (longitude, latitude, altitude), qui permet de déduire les attributs physiques (sol, sous-sol, relief, environnement, climat) et humains (politiques, économiques, sociaux, culturels, ethniques) qui se sont combinés au fil du temps. Cette combinaison est unique en tout lieu, mais certains lieux se ressemblent plus que d’autres.

Le site se réfère au cadre physique du lieu et constitue un potentiel local pour une activité économique. Lyon est un site de confluence (Rhône-Saône), mais toutes les confluences n’ont pas donné naissance à une agglomération d’activités. La situation est la position du lieu vis-à-vis d’autres lieux ; elle peut être centrale ou de contact, c’est-à-dire à la frontière entre deux régions complémentaires – terre-mer (ports), plaine-montagne –, ou au croisement d’axes de communications (Bâle, Strasbourg, par exemple). La situation évolue avec le temps, par la création ou la suppression d’infrastructures. L’importance de la situation dépend de l’échelle spatiale d’analyse et de la présence de facteurs de polarisation, tels que des aéroports ou des villes. Les situations ne sont pas équivalentes, ce qui explique que des entreprises refusent de s’installer en certains lieux malgré les avantages financiers qu’offrent les responsables publics, et que certaines infrastructures deviennent des enjeux d’âpres négociations : par exemple, le « Rhin d’Acier », ligne de chemin de fer de marchandises reliant Anvers à la Ruhr, concurrence la « ligne de la Betuwe », reliant Rotterdam à l’Allemagne, ce qui induit des contentieux.

Interactions spatiales

Les lieux ne sont pas isolés ; ils sont interconnectés par des liens de nature physique (vallées, fleuves, vents, courants marins), humaine (migrations, relations sociales), relationnelle (accords commerciaux, culturels) nécessitant ou non des infrastructures en ligne (routes, canaux, câbles) et/ou terminales (aéroports, gares) formant des réseaux. Les nœuds du réseau constituent des agrégats hétérogènes d’individus (personnes, ménages, firmes) ne disposant pas des mêmes revenus, goûts, mobilités, ni de la même information sur les opportunités spatiales. Cela génère des mouvements de personnes et de marchandises dans diverses directions.

L’observation des migrations a conduit à une première formalisation par Ernest Georges Ravenstein (The Law of Migrations, 1885), dont les faits stylisés ont été rapprochés de la loi de la gravitation universelle ; diverses variantes du modèle d’interaction spatiale en ont été déduites et permettent d’expliquer les flux en tenant compte des caractéristiques des lieux d’origine et de destination ainsi que de la distance entre ces lieux. Ces modèles s’appuient sur trois conditions interdépendantes : la complémentarité des lieux (il faut de l’offre et de la demande, des actifs et des emplois, un magasin et une clientèle, une firme et un marché) ; la transférabilité des marchandises, des personnes et/ou de l’information (infrastructures de transport spécialement dédiées) ; l’absence d’opportunité alternative (pour que la demande en i soit satisfaite par un commerce en j, il ne faut pas qu’un commerce identique et moins cher soit situé plus près).

Territoires

Le géographe étudie des lieux formant ensemble de vastes espaces délimités par des frontières (politiques, administratives), voire par des limites plus floues. Ils configurent des « espaces de vie », des « bassins d’emplois » ou encore des « bassins culturels » définis à partir de seuils, critères et méthodes spatiales adéquates. Bruxelles, par exemple, est une ville (un point sur une carte), mais c’est aussi une région politique (Région de Bruxelles-Capitale), et la ville s’étend au-delà des limites de la Région, définissant ainsi une agglomération urbaine dont la composition territoriale exacte ne fait pas l’unanimité. Pour définir un territoire, il convient de définir les lieux, leurs attributs, les relations entre ces lieux, les écarts déduits de ces relations, mais aussi des lois d’émergence d’entités et des types de relations entre des entités de plusieurs niveaux (échelles). Le territoire englobe des réalités sociales, économiques, politiques, culturelles, ethn [...]

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Les plus grands ports de marchandises du monde

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Écrit par :

  • : docteur ès sciences, directrice de recherche F.R.S.-FNRS, professeur à l'École de géographie de l'université catholique de Louvain (Belgique)

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Pour citer l’article

Isabelle THOMAS, « GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/geographie-economique/