GÉNOMIQUEGénomique et cancérologie

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De la biologie médicale à la génomique des tumeurs

L'idée d'utiliser les caractéristiques des tumeurs, pour affiner leur diagnostic, évaluer le pronostic du cancer ou aider à sa prise en charge, recouvre deux stratégies. L'une, que nous appellerons directe, consiste à analyser la tumeur elle-même par une méthode bien standardisée et à comparer les résultats avec un corpus de connaissances qui décrit la variabilité des paramètres analysés dans un grand nombre de tumeurs ou de cellules normales. L'autre stratégie, indirecte, consiste à analyser des fluides biologiques en cherchant à y détecter des molécules trahissant la présence des cellules tumorales, pour autant que la spécificité et la sensibilité de la détection de ces molécules indicatrices soient validées.

Cette double démarche est fort ancienne. Elle est notamment mise en œuvre par l'anatomopathologiste qui analyse la morphologie des cellules tumorales et l'architecture de la tumeur à partir de coupes histologiques colorées et examinées au microscope. Des études très nombreuses ont ainsi montré que les paramètres cytologiques et histologiques permettaient de définir des types de tumeurs distincts par référence à l'origine présumée des cellules tumorales vis-à-vis de composants des tissus normaux (par exemple, un adénocarcinome du sein désigne une tumeur dérivée des structures épithéliales de cette glande). Bien plus, cette analyse permet également de juger des atypies cellulaires et de la désorganisation tissulaire qui, bien souvent, influe sur le pronostic (spontané ou sous traitement) des tumeurs. Un autre enseignement peut être tiré de l'analyse biochimique sanguine. Dans le myélome multiple, la prolifération monoclonale de cellules B matures (les plasmocytes) se traduit par la sécrétion dans le sérum d'un anticorps, lui-même monoclonal (c'est-à-dire de spécificité homogène), dont la concentration dans ce sérum est directement liée à la masse de cellules tumorales. Par l'analyse d'échantillons sanguins prélevés avant, puis, de façon itérative, après traitement, on dispose ainsi d'un marqueur tumoral utilis [...]


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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., directeur de la section de recherche à l'Institut Curie
  • : directeur de l'Institut universitaire d'hématologie

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Pour citer l’article

Daniel LOUVARD, François SIGAUX, « GÉNOMIQUE - Génomique et cancérologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/genomique-genomique-et-cancerologie/