GAUCHE SOCIALISTE EN FRANCE DEPUIS 1945

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Les contradictions du « molletisme » (1945-1971)

La SFIO traverse la IVe République de manière paradoxale. Alors qu’elle devient un parti de gouvernement et qu’elle intègre pleinement le système politique et institutionnel, elle ne renonce pas à ses références marxistes. Elle participe à de nombreuses coalitions gouvernementales, mais voit s’amorcer puis s’amplifier son déclin électoral. Guy Mollet domine le parti – il en est le secrétaire général de 1946 à 1969. Ce professeur d’anglais, résistant, élu maire d’Arras au lendemain de la guerre, est l’incarnation de l’orthodoxie socialiste et d’une certaine forme de rigorisme issue du mouvement guesdiste. À la Libération, il impose au parti une ligne marxiste intransigeante, alors que Léon Blum et Daniel Mayer prônent une rénovation du parti sur une ligne réformiste. Au congrès de Paris de 1946, la direction sortante, menée par Daniel Mayer et soutenue par Léon Blum, est désavouée. Un changement aussi net de majorité est inédit depuis 1919. Le parti compte alors environ 370 000 adhérents. Le maire d’Arras, qui s’appuie sur les fédérations septentrionales du parti, incarne la « pureté originelle » du socialisme (opposée à l’« humanisme » réformiste de Léon Blum). Pour autant, ses pratiques politiques concrètes se révèlent très électoralistes, notamment sur le plan local : pour préserver l’implantation municipale du parti, il privilégie l’alliance avec les démocrates-chrétiens plutôt qu’avec les communistes (à Lille, à Roubaix, à Marseille notamment). Le « mollettisme » est ainsi un mélange d’intransigeance doctrinale et d’opportunisme électoral. Ces contradictions sont en partie liées à la position de la SFIO dans le jeu politique, à son soutien à la IVe République, ainsi qu’à ses prises de position atlantistes (favorables à l’OTAN), inséparables d’une période tendue, au cours de laquelle gaullistes et communistes semblent menacer le régime.

Guy Mollet, 1947

Photographie : Guy Mollet, 1947

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Le nouveau secrétaire général de la SFIO Guy Mollet vient d'évincer la direction réformiste soutenue par Léon Blum au profit d'une ligne marxiste intransigeante. Guy Mollet veut incarner la « pureté originelle » du socialisme. Ici, en juillet 1947, il prononce un discours rue Montmartre,... 

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Aux législatives de novembre 1946, la SFIO obtient près de 18 p. 100 des voix et 102 élus. A [...]

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François Hollande devant la photo de François Mitterrand, 2006

François Hollande devant la photo de François Mitterrand, 2006
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Guy Mollet, 1947

Guy Mollet, 1947
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Guy Mollet, 1968

Guy Mollet, 1968
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François Mitterrand, le 21 mai 1981

François Mitterrand, le 21 mai 1981
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Écrit par :

  • : professeur de science politique à l'université de Lille

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Rémi LEFEBVRE, « GAUCHE SOCIALISTE EN FRANCE DEPUIS 1945 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gauche-socialiste-en-france-depuis-1945/