GATSBY LE MAGNIFIQUE, Francis Scott FitzgeraldFiche de lecture

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L'emblème d'une génération perdue

L'intrigue qui a pour pivot ces passions amoureuses ne rend pas pleinement compte de la tonalité romantique d'un texte plein d'amertume et de poésie. Or Gatsby le Magnifique est aussi un roman social : l'innocent Gatsby croit en vain au « rêve américain » incarné par la beauté patricienne de Daisy, qu'il a retrouvée l'espace d'un été après des années d'attente.

En écrivant Gatsby le Magnifique, Fitzgerald découvre les avantages du « point de vue relatif » cher à Henry James : la réalité n'a pas d'existence propre, seule compte la vision des personnages. L'exploration dialectique de la réalité et de l'imaginaire, des apparences et des essences repose alors sur l'alternance entre récit et discours. Ainsi l'évolution du point de vue de Nick, le narrateur, sur Gatsby, le héros, constitue un véritable roman dans le roman : Nick Carraway peut sympathiser et parfois communier avec la faculté d'émerveillement, les rêves mystiques, l'élan fougueux de Gatsby. Mais il perçoit simultanément la puérilité de ses espérances, la vulgarité de ses réalisations. Il apprend à respecter l'illusion, fût-elle triviale, tout en critiquant vivement l'étroitesse et la vulgarité du « rêve américain ».

Un style incisif, parfois heurté, tout en dialogues et en notations brèves, rend compte de l'hypocrisie et de la lâcheté du monde extérieur tandis que, dans les évocations oniriques de l'univers intérieur de Gatsby, une écriture lyrique, somptueuse et musicale domine. En fin de compte, et cela rend le roman exemplaire, l'aventure de Gatsby se révèle n'être pas uniquement une allégorie des espoirs et des désillusions suscités par le mirage américain. Elle est aussi la métaphore à travers laquelle Fitzgerald explore ses propres contradictions, sa fascination pour la fête et sa conscience de l'imposture que représente le bouillonnement des années 1920, les « roaring twenties », les années du jazz.

Porté à la scène en 1926 par Owen Davis, puis à l'écran, ce roman fut bientôt considéré comme le [...]


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FITZGERALD FRANCIS SCOTT (1896-1940)

  • Écrit par 
  • André LE VOT
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Dans le chapitre « Génie et perdition »  : […] Ce premier roman est une œuvre hybride qui fait se côtoyer prose et vers, saynètes et récits, fragments de lettres et de journaux intimes, le tout fortement inspiré par des modèles anglais, Compton Mackenzie pour l'évocation romantique du campus, Wilde pour le trait d'esprit, Shaw et Wells pour la revendication d'inspiration socialiste. C'est véritablement, sous les traits d'Amory Blaine, le portr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francis-scott-fitzgerald/#i_25196

Pour citer l’article

Michel FABRE, « GATSBY LE MAGNIFIQUE, Francis Scott Fitzgerald - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gatsby-le-magnifique/