GALLICANISME

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Les gallicanismes à la fin du Moyen Âge

Au début du xive siècle, la conjonction de plusieurs facteurs – affermissement de la royauté française, renaissance du droit romain dans les milieux de légistes entourant le souverain, rayonnement européen de la faculté de théologie de Paris – provoqua une première flambée de gallicanisme et un grave conflit entre Philippe le Bel et Rome. Le soufflet d'Anagni (1303) symbolisa la défaite des ambitions théocratiques de Boniface VIII, puisque le successeur de celui-ci, Benoît XI, consentit à absoudre le roi de France, sous l'influence de qui la papauté tomba bientôt en s'installant en Avignon. Mais la guerre de Cent Ans et le Grand Schisme (1378-1417) provoquèrent l'affaiblissement conjoint de la France et de l'institution pontificale. Le conciliarisme, qui parut alors sur le point de l'emporter dans l'Église d'Occident à Constance (1414) et à Bâle (1431), eut pour conséquence, dans le royaume des Valois, l'essor du gallicanisme ecclésiastique. Déjà, en 1407, des ordonnances royales avaient proclamé les « libertés » de l'Église gallicane. En 1438, la pragmatique sanction de Bourges constitua l'acceptation par le roi et le clergé de France des décisions du concile de Bâle : les assemblées œcuméniques étaient placées au-dessus du pape, l'élection des évêques et des abbés par les chapitres et couvents était rétablie. S'y ajoutaient la suppression des grâces expectatives, la limitation des annates, des appels à Rome et du nombre des excommunications. Au vrai la pragmatique sanction fut, à certains égards, un marché de dupes pour l'Église de France : car une indépendance plus grande par rapport à Rome eut pour contrepartie l'ingérence croissante du souverain et des grands feudataires dans les élections d'évêques et d'abbés. D'autre part, la papauté refusant de reconnaître les décisions de Bourges, la royauté chercha à négocier un concordat avec Rome.

C'est pour se d [...]

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  • : professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Institut

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Pour citer l’article

Jean DELUMEAU, « GALLICANISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gallicanisme/