MEINECKE FRIEDRICH (1862-1954)

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Historien des idées politiques

Dès 1893, Meinecke est étroitement lié à la Historische Zeitschrift (Revue historique), le principal organe de publication de la science historique allemande. Il est d’abord rédacteur, puis il en devient le coéditeur en 1896 avant d’en être écarté par le régime nazi en 1935. En 1934, il avait déjà dû abandonner la présidence de la Commission historique du Reich. Relevé de toute fonction officielle, Meinecke continue toutefois à publier et à garder une certaine influence, mais il ne fait pas partie des historiens de premier plan de l’Allemagne nazie.

Ce n’est qu’en 1908 que Friedrich Meinecke réussit à dépasser l’influence des maîtres à penser de l’historicisme tels que Leopold von Ranke (1795-1886) et Johann Gustav Droysen (1808-1884). Il publie alors Weltbürgertum und Nationalstaat. Studien zur Genesis des deutschen Nationalstaates (Bourgeoisie mondiale et État-nation. Études sur la genèse de l’État-nation allemand) qui analyse l’histoire de l’État-nation allemand depuis les réformes prussiennes menées après les défaites face à Napoléon en 1806 jusqu’à la fondation de l’Empire par Bismarck en 1871. Cet ouvrage fait de Meinecke l’un des fondateurs de l’histoire politique des idées, aux côtés des philosophes allemands Wilhelm Dilthey (1833-1911) et Ernst Troeltsch (1865-1923). Ses autres ouvrages majeurs sont L’Idée de la raison d’État dans l’histoire des temps modernes, publié en 1924 (Die Idee der Staatsräson in der neueren Geschichte, traduit en français en 1973) et Die Entstehung des Historismus (Les origines de l’historicisme), paru en 1936. Dans le premier, Meinecke analyse les concepts de nation et de raison d’État à travers l’œuvre de théoriciens de l’État, mais aussi leur signification pour certains hommes politiques. Le second ouvrage traite des origines de la conscience historique, laquelle aurait trouvé son expression la plus forte chez l’historien von Ranke. La caractéristique principale de l’œuvre de Meinecke est de ne pas considérer la nation et l’État comme des constructi [...]


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Écrit par :

  • : chercheur qualifié FRS-FNRS, maître de conférences à l'université de Liège (Belgique)

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HISTORICISME

  • Écrit par 
  • Gunter SCHOLTZ
  •  • 1 157 mots

Dans le chapitre « Formation d'une conscience historique »  : […] C'est dans le contexte de la nouvelle conscience historique que prennent forme, aux environs de 1800, le mot et le concept d'« historicisme » (Friedrich von Schlegel, Novalis). Sous des angles différents, ce concept met en évidence le changement historique et ses effets, ainsi que la manière de se situer face à ceux-ci. Dès le xix e  siècle, le terme connaît une telle multiplicité d'emplois qu'il […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Christoph BRÜLL, « MEINECKE FRIEDRICH - (1862-1954) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-meinecke/