MORAVES FRÈRES

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De la Bohême à la Pologne (XVe-XVIIe s.)

Sous la direction d'un ancien moine, Grégoire († 1474), la communauté de Kunvald établit une règle de vie très austère : les frères renoncent à la propriété personnelle et, selon l'enseignement de Chelčický, ils prennent soin de « s'abstenir du serment, de s'écarter de tout office public, de tout commerce » et autres « occupations pécheresses ». Le travail manuel seul est pur et noble à leurs yeux. S'éloignant des dogmes et des rites catholiques, ils inquiètent les utraquistes qui n'ont pas renoncé à désarmer l'hostilité de Rome. En 1467, la rupture est consommée : la communauté élit ses prêtres et son premier évêque, Mathias, qu'un Vaudois ordonne. L'Unité constitue désormais une Église indépendante. Elle profite de la rapide décadence morale de l'utraquisme après la mort de Rokycana (1471). L'adhésion de nombreux bourgeois et d'une partie de la noblesse lui impose une certaine ouverture au monde. Grâce à Luc de Prague, qui est son principal théologien, le synode de Chlumec (1496) admet le serment, le négoce et l'exercice des fonctions publiques ; il tolère la propriété. Devenu évêque de l'Unité, Luc la préserve de la tentation luthérienne.

Dès 1460, les frères sont persécutés par la société qu'ils n'ont su admettre. Georges de Poděbrady, le « roi hussite », et, à plus forte raison, les Habsbourg très catholiques s'inquiètent du caractère antisocial et anarchiste de leur doctrine. Mis hors la loi en 1508, les frères sont désormais sous la menace permanente du bannissement. En fait, les vagues de persécution (1460, 1467-1471, 1508-1516, 1548) renforcent « l'Église martyre », exaltent le patriotisme de ses membres et permettent la diffusion de leurs idées en déplaçant leurs centres de la Bohême (Litomyšl, Mladá Boleslav) vers la Moravie (Fulnek et surtout Králice), puis vers la Grande-Pologne où les accueillent des magnats [...]


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BLAHOSLAV JAN (1523-1571)

  • Écrit par 
  • Bernard ROUSSEL
  •  • 378 mots

Le premier des « humanistes » au sein de l'Unitas fratrum de Moravie, ou Unité des frères de la loi du Christ, secte qu'on appelle plus couramment les Frères moraves. Appartenant à une tradition familiale enracinée dans les communautés de frères, Jan Blahoslav fait des voyages multiples et des séjours à Wittenberg, à Königsberg, à Bâle, ainsi qu'auprès des frères Michalec et Strejc à Prostějov (Pr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jan-blahoslav/#i_35740

CHELČIKY PETR (1380 env.-1467)

  • Écrit par 
  • Bernard ROUSSEL
  •  • 290 mots

Penseur religieux et écrivain tchèque de la tradition hussite, né près du bourg de Chelčice, en Bohême méridionale, Petr Chelčiký lut des œuvres de Thomas de Štítný et entendit peut-être des prédications de Jean Hus. Pacifiste intransigeant, il s'écarta des taborites, utraquistes radicaux et, pendant un certain temps, millénaristes, qui s'organisèrent autour de J. Želivský, pour résister, avec suc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/petr-chelciky/#i_35740

COMENIUS ou JAN AMOS KOMENSKY (1592-1670)

  • Écrit par 
  • Vaclav CERNY
  •  • 1 615 mots

Dans le chapitre « Une existence traquée »  : […] Seule la première moitié de sa vie, celle de ses années de ministre réformé et de recteur dans les écoles latines de la communauté des Frères bohêmes de sa province natale – il est né à Brod en Moravie –, appartient à sa patrie ; banni, en 1621, à la suite du désastre des États insurgés de Bohême à la Montagne-Blanche, il quitte en 1627 son dernier refuge clandestin en Bohême et s'en va partager […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/comenius-jan-amos-komensky/#i_35740

LUC DE PRAGUE, tchèque LUKÁŠ PRAŽSKY (1458-1528)

  • Écrit par 
  • Bernard ROUSSEL
  •  • 979 mots

Personnalité marquante de la deuxième génération de l'Unité des frères (Unitas fratrum) tchèques, constituée en 1467. L'action de Luc de Prague comme membre du Conseil étroit et comme évêque, ses écrits théologiques, pastoraux, liturgiques ont contribué à donner à l'Unité des frères une structure ferme, à la préserver face à l'hostilité, par moments violente, des catholiques et des utraquistes, et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/luc-de-prague-lukas-prazsky/#i_35740

MÉTHODISME

  • Écrit par 
  • Jean BAUBÉROT
  •  • 2 944 mots

Dans le chapitre « John Wesley et la fondation du méthodisme »  : […] Né en 1703 au presbytère d'Epworth (comté de Lincoln), John Wesley, le fondateur du méthodisme, était le treizième enfant d'un pasteur non conformiste entré dans l'Église anglicane. Sa mère qui lui inculqua sa ferveur et son goût de la discipline se méfiait de la théologie calviniste de la prédestination et professait des doctrines « perfectionnistes ». En 1726, J. Wesley, fellow à Oxford, donna […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/methodisme/#i_35740

PIÉTISME

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  • Jean BAUBÉROT
  •  • 2 442 mots

Dans le chapitre « Le développement du mouvement »  : […] Mouvance plutôt que mouvement structuré, le piétisme s'éparpilla dans des directions fort diverses. Cependant, jusqu'au milieu du xviii e  siècle notamment, il rayonna à partir de l'université de Halle, fondée par l'Électeur de Brandebourg. La figure marquante fut, là, August Hermann Francke (1663-1727), personnalité aussi dynamique que Spener avait été réservé. Originaire de Lübeck et gagné, à p […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pietisme/#i_35740

SCHLEIERMACHER FRIEDRICH DANIEL ERNST (1768-1834)

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Dans le chapitre « « Un Herrenhuter d'espèce supérieure » »  : […] Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher est né la même année que Chateaubriand, à Breslau, où son père exerçait les fonctions d'aumônier militaire réformé. Durant l'absence de celui-ci, la mère, originaire d'une famille de pasteurs calvinistes, prit en charge l'éducation de ses enfants. Schleiermacher en garda l'empreinte : celle d'un piétisme fervent, dans le style de la communauté des frères mora […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-daniel-ernst-schleiermacher/#i_35740

TCHÈQUE RÉPUBLIQUE

  • Écrit par 
  • Jaroslav BLAHA, 
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  • Marie-Claude MAUREL, 
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  •  • 5 médias

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WESLEY JOHN (1703-1791)

  • Écrit par 
  • Universalis
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Né le 17 juin 1703 à Epworth (Lincolnshire) John Wesley est le second fils de Samuel Wesley, pasteur anglican, transfuge du courant non-conformiste, et de Susanna Wesley. Après avoir fréquenté six années l'école de Charterhouse, à Londres, John s'inscrit en 1720 à l'université de Christ Church à Oxford. Il en sort diplômé en 1724 et choisit d'entrer en religion. En 1725, il est ordonné diacre par […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-wesley/#i_35740

ZINZENDORF NICOLAS LUDWIG comte de (1700-1760)

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  • Bernard VOGLER
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Le fondateur de l'Église des frères moraves tient une place considérable dans le renouveau religieux du xviii e  siècle. Issu d'une famille autrichienne protestante réfugiée en Saxe, le comte de Zinzendorf est le représentant de ces grands seigneurs qui ont pris en charge les destinées du piétisme. Filleul de Spener, il est élevé dans un luthéranisme tourné vers la vie pratique, tout en conservant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-ludwig-zinzendorf/#i_35740

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Pour citer l’article

Michel LARAN, « MORAVES FRÈRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/freres-moraves/