LISZT FRANZ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un virtuose précoce

L'année 1811, qui voit la naissance de Liszt, se situe juste au milieu du lustre qui voit naître les personnalités les plus marquantes de la première vague du romantisme musical : Mendelssohn (1809), Chopin et Schumann (1810), Wagner et Verdi (1813). Il s'agit d'une génération qui a vécu, vers 1830, l'explosion en Europe des révolutions et des mouvements pour la liberté, et aussi l'expérience déterminante de la révolution dans les arts. Dès 1823, le jeune Liszt vit à Paris, au cœur de la vie culturelle et politique. Avec l'enthousiasme débordant de la jeunesse, il se jette dans le tourbillon effervescent de la vie et des idées. Le ton de la littérature nouvelle – avec Byron, Heine, Lamartine, Chateaubriand, Hugo, Senancour –, les idées sociales des temps nouveaux – liberté politique de la communauté et libération sentimentale de l'individu –, les idéaux esthétiques – le goût du drame avec pour modèle Shakespeare (puis Beethoven, sur le plan musical), la recherche du particulier et des effets originaux, l'aspiration vers les contrastes aigus, vers l'opposition du sublime et du démoniaque –, tout cela s'est gravé dans son imagination et a exercé sur ses options humaines et créatrices une influence déterminante pour toute la vie.

Vers la fin des années 1820, bien qu'il fût encore l'élève de Ferdinando Paër et plus tard celui de Anton Reicha (ses maîtres viennois antérieurs avaient été Karl Czerny et Antonio Salieri), il était déjà connu et acclamé à Paris, à Vienne, à Londres et dans plusieurs villes allemandes et suisses comme l'un des plus grands virtuoses du piano. Il connut dès lors la position enviée et dangereuse de l'artiste à la mode, magicien admiré jusqu'à l'encensement et d'autant plus étroitement assujetti, mais également celle, tragique, du « prophète » méconnu, solitaire et excommunié. Cette situation le faisait souffrir et, pour y échapper, il cherchait déjà refu [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages



Médias de l’article

Liszt

Liszt
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Liszt et ses amis

Liszt et ses amis
Crédits : Hulton Getty

photographie





Écrit par :

  • : diplômée en musicologie à l'académie de musique Franz-Liszt à Budapest, musicologue, docteur de troisième cycle en esthétique et sciences d'art à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, maître de recherche à l'Institut de musicologie

Classification


Autres références

«  LISZT FRANZ (1811-1886)  » est également traité dans :

LISZT FRANZ - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 540 mots
  •  • 18 médias

22 octobre 1811 Franz (Ferenc) Liszt naît à Doborján, en Hongrie, aujourd'hui Raiding, en Autriche.24 décembre 1837 Au cours d'un voyage en Italie, sa compagne Marie d'Agoult met au monde une fille, Cosima, à Bellagio, sur le lac de Côme. Cosima épousera le chef d'orchest […] Lire la suite

SONATE POUR PIANO EN SI MINEUR (F. Liszt)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 282 mots

Née à la fin du xviie siècle sous la plume de Johann Kuhnau – dont les six célèbres « sonates à programme » des Histoires bibliques sont éditées en 1700 –, la sonate pour clavier prend d'abord la forme de courts et brillants exercices : les Essercizi per gravicembalo (clave […] Lire la suite

ALBÉNIZ ISAAC (1860-1909)

  • Écrit par 
  • André GAUTHIER
  •  • 1 685 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une jeunesse vagabonde »  : […] Une étonnante précocité marque le destin d'Albéniz, né à Camprodón, en Catalogne, le 29 mai 1860. Mis au piano dès l'âge de deux ans, il donne, deux ans plus tard, un concert à Barcelone. À six ans, il éblouit le jury du Conservatoire de Paris, mais un enfantillage lui en interdit l'entrée : à la fin des épreuves, il sort une balle de sa poche et la lance contre une vitre, qu'il fait voler en écl […] Lire la suite

ARRANGEMENT, musique

  • Écrit par 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 4 322 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'arrangement et la liberté à l'égard de l'œuvre originale »  : […] À l'époque romantique, époque où l'interprétation fut considérée comme un acte de création, on vit apparaître des arrangements qui étaient de véritables re-créations libres d'autres œuvres, l'arrangement étant tenu pour une extrapolation de l'interprétation. Quelquefois, ces arrangements concernaient des œuvres à peine achevées (sur le plan de la composition musicale), des thèmes célèbres ou des m […] Lire la suite

ATONALITÉ

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES, 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 4 385 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La dissolution du système tonal classique »  : […] Le système modal (ancien) et le système tonal (classique) sont fondés sur une véritable hiérarchie des degrés de la gamme, hiérarchie dans laquelle la note dite tonique (celle qui donne son nom au ton) joue le rôle principal. Une autre note, le cinquième degré de la gamme (par exemple, sol dans la tonalité d' ut ), dite dominante, était également très importante. L'enchaînement de l'accord const […] Lire la suite

BARTÓK BÉLA

  • Écrit par 
  • Jean GERGELY
  •  • 7 836 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Pourquoi le folklore ? »  : […] Ce schéma pourrait résumer ce qui vient d'être dit à propos de la créativité artistique, au-delà de l'art de Bartók. Il comporte cinq notions différentes entre lesquelles existe un lien organique. La pensée, tout naturellement, est issue du langage qui, de son côté, est fonction des matériaux sonores. Nous entendons par langage l'ensemble des moyens expressifs dont se sert un auteur, une école ou […] Lire la suite

BERLIOZ HECTOR

  • Écrit par 
  • Cécile REYNAUD
  •  • 4 264 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La Damnation de Faust »  : […] Pendant ses tournées à l’étranger, plus précisément depuis 1845, Berlioz travaille à une œuvre qui lui tient particulièrement à cœur, La Damnation de Faust . Le Faust de Goethe occupe en effet une place importante parmi les sources de son inspiration  : dès 1828, alors qu’il vient de découvrir la traduction de Gérard de Nerval, il compose les Huit Scènes de Faust , une œuvre composite qui ne le […] Lire la suite

BERLIOZ HECTOR - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 777 mots
  •  • 8 médias

11 décembre 1803 (19 frimaire an XII) Louis-Hector Berlioz naît à La Côte-Saint-André (Isère). 5 décembre 1830 La Symphonie fantastique est créée à la Société des concerts du Conservatoire, à Paris, sous la direction de François Antoine Habeneck . 3 octobre 1833 Hector Berlioz épouse l'actrice irlandaise Harriet Smithson à l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris, en présence de Franz Liszt, pre […] Lire la suite

BÜLOW HANS VON (1830-1894)

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS
  •  • 556 mots

Hans von Bülow est l'un des rares chefs d'orchestre du xix e  siècle dont le nom ait survécu à l'épreuve du temps. Né à Dresde le 8 janvier 1830, il ressent d'abord une attirance limitée pour la musique. Il commence à travailler le piano avec Friedrich Wieck, le beau-père de Schumann, qui lui donne les bases de sa technique fabuleuse. Entre 1841 et 1848, il complète sa formation musicale avec Hess […] Lire la suite

CHOPIN FRÉDÉRIC

  • Écrit par 
  • Jean VIGUÉ
  •  • 2 697 mots
  •  • 2 médias

Au lendemain de la mort de Chopin, Liszt, son ami, écrivait : « ... Quelle que soit la popularité d'une partie de ses productions, il est néanmoins à présumer que la postérité aura pour ses ouvrages une estime moins frivole et moins légère que celle qui leur est encore accordée. Ceux qui, dans la suite, s'occuperont de l'histoire de la musique feront sa part – et elle sera grande – à celui qui y […] Lire la suite

CLIDAT FRANCE (1932-2012)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 320 mots

La pianiste française France Clidat, surnommée « Madame Liszt », contribua à faire connaître les pièces négligées de ce compositeur. Née le 22 novembre 1932 à Nantes, France Clidat commence le piano dès l'âge de quatre ans. Elle se forme ensuite au Conservatoire de Paris au côté de Lazare Lévy et remporte un premier prix en 1950. Le grand prix Franz Liszt qu'elle obtient au concours de Budapest en […] Lire la suite

COMPOSITION MUSICALE

  • Écrit par 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 6 852 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Composition et invention des formes »  : […] Les schèmes formels, dont certains viennent d'être commentés, s'appliquent surtout à la construction de la musique pure. Il faut alors remarquer que les compositeurs ont toujours pris, à leur égard, une liberté proportionnelle à leur imagination, tout en les conservant comme une sorte de référence permanente ; ils sont, en réalité, mal adaptés à une expression qui n'est pas exclusivement musicale […] Lire la suite

CORNELIUS PETER (1824-1874)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 692 mots

Le compositeur, poète et critique musical allemand Peter Cornelius demeure comme l'auteur de l'opéra-comique Le Barbier de Bagdad , dont la popularité durable dans les pays germaniques ne doit pas éclipser sa production de lieder, une des plus importantes de la seconde moitié du xix e  siècle. Fils de deux comédiens, Carl August Peter Cornelius voit le jour le 24 décembre 1824 à Mayence, dans le […] Lire la suite

CZIFFRA GEORGES (1921-1994)

  • Écrit par 
  • Pierre BRETON
  •  • 981 mots
  •  • 1 média

Le 2 décembre 1956, un pianiste surgi du néant met debout le public du Châtelet devant lequel — fait unique dans les annales — il trisse le 1 er  Concerto pour piano de Liszt. L'omnipotent Bernard Gavoty écrit dans Le Figaro  : “C'est ainsi que je me représente Liszt lui-même...” C'est le début d'une étincelante carrière internationale qui culminera au cours des années 1960 . Bientôt pourtant vie […] Lire la suite

INTERPRÉTATION MUSICALE

  • Écrit par 
  • Alain PÂRIS, 
  • Jacqueline PILON
  •  • 7 430 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Le romantisme »  : […] Les chemins se séparent vraiment à l'époque romantique. Se développe alors, en effet, la notion de virtuosité, qui définit la haute technicité d'un instrumentiste sans référence particulière à ses qualités musicales. Les derniers compositeurs-interprètes vont engendrer le soliste moderne. Liszt en est le meilleur exemple ; il a contribué à plus d'un titre à affirmer la personnalité de l'interpr […] Lire la suite

ORATORIO

  • Écrit par 
  • Carl de NYS
  •  • 2 608 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Évolution et style »  : […] L'oratorio est donc essentiellement italien et romain, par ses origines comme par son contexte liturgique. Au cours de la seconde moitié du xvii e  siècle, l'oratorio perd son caractère fonctionnel lié à la pratique religieuse ; il se transforme en un genre musical autonome qui joue un rôle dans la vie musicale, suppléant par exemple à l'opéra pendant les « temps clos » où les autorités ecclésias […] Lire la suite

PIANO

  • Écrit par 
  • Daniel MAGNE, 
  • Alain PÂRIS
  •  • 4 365 mots
  •  • 15 médias

Dans le chapitre « Le romantisme »  : […] Les premiers compositeurs romantiques s'attachent davantage à la virtuosité naissante de l'instrument qu'à la diversité de ses possibilités : Weber ou Mendelssohn – plus poète dans ses Romances sans paroles – se montrent avides de traits jaillissants, de grands sauts, d'octaves brisées ou de doubles notes. Mais les mêmes effets semblent plus intimes sous la plume de Schubert ; ses vingt-deux son […] Lire la suite

POÈME SYMPHONIQUE

  • Écrit par 
  • Marc VIGNAL
  •  • 617 mots
  •  • 5 médias

Genre musical illustré pour la première fois sous cette dénomination par Liszt , et désignant une œuvre orchestrale déterminée au point de vue de la conception et de la structure par un argument extérieur d'ordre poétique, descriptif, pittoresque, légendaire, philosophique. Ainsi conçu, il correspond aussi bien à certaines tendances générales du xix e  siècle — spéculations philosophiques et litté […] Lire la suite

SONATE

  • Écrit par 
  • Michel PHILIPPOT
  •  • 3 548 mots

Dans le chapitre « Constitution d'une forme musicale »  : […] La naissance de la forme dite sonate se fit, au cours du xviii e  siècle, progressivement, et en profitant de l'apport de nombreux musiciens, parmi lesquels on peut citer Pergolèse, Haendel et Jean-Sébastien Bach, les fils de Bach, Pietro Antonio Locatelli, Franz Xaver Richter, les musiciens de l'école de Mannheim, Johann Stamitz, Luigi Boccherini, Muzio Clementi, et, enfin, Haydn et Mozart. Il s […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Marta GRABOCZ, « LISZT FRANZ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-liszt/