HELLENS FRANZ (1881-1972)

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Le sang : ouvert au siècle et secret

Fils d'un médecin louvaniste, Frédéric Van Ermenghem naquit le 8 septembre 1881. Sa mère étant malade, la famille avait quitté Louvain pour Wetteren. C'est à l'âge de seize ans, en longeant le canal qui séparait la maison du collège, que Frédéric découvrit sur une façade le nom de « Franz Hellens » alors porté par un marchand de vins. Le nom lui plut. Il l'a gardé.

Franz Hellens doit beaucoup à son enfance heureuse, aux pierres et aux canaux des environs de Gand. Trois ans externe au collège Sainte-Barbe, trois ans interne à Turnhout, il se soumet à la discipline des Pères : se commander pour commander. « Je n'en ai retenu que le premier terme », dira-t-il. Il avait commencé par l'histoire et la philosophie. Ayant eu Henri Pirenne pour professeur, il voulut devenir historien. Néanmoins, il poursuivit le droit pour entrer à la Bibliothèque royale. La poésie et bientôt, dès 1920, Mélusine lui firent comprendre sa vocation. Il n'hésita plus à y répondre.

Mais l'homme, à aucun moment, ne cesse d'être attentif aux mouvements du monde. Ses amitiés traduisent le mieux ses inquiétudes et ses aventures : à Nice, en 1918, il rencontre Modigliani et Maeterlinck ; à Sorrente, en 1928, il se lie d'amitié avec Maxime Gorki, alors en exil ; il a connu Maïakovski et Essenine, qu'il fut le premier à traduire, puis Henri Calet, Supervielle, Paulhan, Arland, Ponge, Eluard, parmi tant d'autres. Pour se tenir au plus près des autres et de son temps, il crée une revue, Le Disque vert, qui, de 1920 à 1925, puis en 1936, et de 1953 à 1957, accueillera les premiers textes d'écrivains devenus ensuite célèbres. Henri Michaux, à peine sorti de Namur, y donna sa première musique de chambre. André Malraux y publia l'un de ses tout premiers textes. Il y a du découvreur et de l'aventurier dans Franz Hellens. Il demeure à tout moment à l'écoute du monde et s'il refuse de « s'engager », selon le langage de l'époque, il nous dit lui-même pourquoi : « J'ai vieilli avec le siècle, mais à côté. J'ai refusé de mêler mon sang à son sang corrompu. »

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Gérard PRÉVOT, « HELLENS FRANZ - (1881-1972) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/franz-hellens/