MANSART FRANÇOIS (1598-1666)

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Caractère et influence

Mansart s'est fait la réputation d'abuser par avarice du travail des gens qu'il dirigeait (critique qui forme le thème de La Mansarade, pamphlet publié en 1651). Il était sans aucun doute intransigeant et souffrait d'une impuissance quasi pathologique à s'arrêter à une décision. Ses dessins étaient continuellement remaniés, et beaucoup d'entre eux comportent un nombre étonnant de solutions diverses. Il modifiait même des bâtiments en cours de construction afin d'améliorer leurs lignes – une partie du château de Maisons fut démolie et reconstruite de cette façon – et il n'existe pas de cas où, lorsque la comparaison est possible, le bâtiment existant corresponde au projet qu'il en avait fait. Ainsi que le dit éloquemment son biographe Charles Perrault : « Cet excellent Homme qui contentoit tout le monde par ses beaux ouvrages ne pouvoit se contenter luy-mesme ; il luy venoit tousjours en travaillant de plus belles idées que celles où il s'estoit arresté d'abord... »

Hors de France, particulièrement en Angleterre et en Suède, l'influence de Mansart fut considérable. L'architecte anglais Christopher Wren, qui le rencontra à Paris en 1666, lui devait beaucoup, de même que Nicodème Tessin, architecte suédois ; son influence est manifeste jusqu'en Autriche dans les œuvres de Fischer von Erlach.

Après une période d'oubli, il connut un regain de popularité en France vers la fin du xviie siècle, et ses projets furent de nouveau admirés puis largement imités. Le théoricien de l'architecture François Blondel avait coutume de conduire ses élèves en pèlerinage au château de Maisons afin de les convaincre que Mansart était le « dieu de l'architecture ».

On associe aussi le nom de Mansart avec le comble à la mansarde, bien qu'il ne soit pas le créateur du genre. Pierre Lescot l'avait déjà employé dans son aile du Louvre en 1551, et il dérive de sources italiennes. Néanmoins, ce n'est pas un hasard si ce type de toit porte le n [...]


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Pour citer l’article

William Peter Jackson SMITH, « MANSART FRANÇOIS - (1598-1666) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-mansart/