MALHERBE FRANÇOIS DE (1555-1628)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Une carrière de cour

Né à Caen, François de Malherbe appartient à une famille qui se vante d'une vieille noblesse, mais dont le milieu social est celui des fonctionnaires et des juristes qui forment, dans cette ville, un groupe particulièrement actif. C'est ainsi qu'à dix-neuf ans il commence à écrire des vers. Il est vain de les juger maladroits. Ce qu'il faut dire, c'est qu'ils correspondent à la poésie des humanistes français de cette époque.

En 1576, Malherbe va chercher fortune à Paris. Il entre au service d'Henri d'Angoulême et le suit en Provence dont ce prince est gouverneur. Dans ce milieu, les humanistes tiennent également une grande place. Mais d'autres influences jouent, et notamment celle de l'Italie.

Pendant trente ans environ, Malherbe partage sa vie entre Caen et la Provence, et rien ne semble le destiner à devenir le poète quasi officiel du roi de France. Il écrit très peu d'ailleurs, et se borne à laisser publier un petit nombre de pièces de vers dans les recueils collectifs qui jouent alors le rôle des revues littéraires actuelles. L'événement décisif se produisit en 1605 ; Guillaume du Vair, premier président au parlement de Provence, ayant à faire un voyage à Paris, emmène son ami Malherbe. Il le présente au roi. Henri IV confie au poète la mission d'écrire une ode sur la campagne militaire qu'il prépare contre les insurgés du Limousin. L'œuvre plaît. Henri IV assure à Malherbe une situation stable à la cour. Il est entendu qu'il mettra son talent au service de la monarchie.

La vie de Malherbe est désormais fixée, et du même coup la nature de son œuvre. À la mort de Henri IV, il devient, plus encore qu'auparavant, le poète de la cour. Il le reste tant que Marie de Médicis dirige les affaires. Quand elle en est écartée, il se tient durant quelques années dans une sorte de retraite. Mais il voit monter la fortune de Richelieu ; il s'attache à lui. Les vers de ses dernières années célèbrent la politique du Cardinal. C'est dans ce climat qu'il meurt à Paris en 1628.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur honoraire à la faculté des sciences humaines de Paris

Classification


Autres références

«  MALHERBE FRANÇOIS DE (1555-1628)  » est également traité dans :

ŒUVRES POÉTIQUES, François de Malherbe - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Christian BIET
  •  • 570 mots

François de Malherbe (1555-1628), poète officiel de Henri IV et de Louis XIII, fit paraître, de son vivant, différentes pièces poétiques dans des éditions collectives, des livrets de ballets, des livres d'airs de cour, ou sous forme de feuilles volantes, de manuscrits recopiés, de plaquettes. Il n'était pas encore nécessaire, pour un poète de co […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/oeuvres-poetiques-francois-de-malherbe/#i_5608

FRANCE (Arts et culture) - La langue française

  • Écrit par 
  • Gérald ANTOINE, 
  • Jean-Claude CHEVALIER, 
  • Loïc DEPECKER, 
  • Françoise HELGORSKY
  •  • 15 783 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De la fixation à l'éthique »  : […] On ne songe certes plus assez à louer la Renaissance de tout ce qu'elle a dépensé d'efforts pour faire du français la plus riche et la plus féconde des langues. En revanche peut-être s'est-on trop extasié sur les exercices d'ascèse fustigeante où se complut Malherbe. Le fait en tout cas est là, indiscutable : ce diable d'homme sut imposer ses oracles et faire respecter ses sentences d'une manière […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-la-langue-francaise/#i_5608

FRANÇAISE LITTÉRATURE, XVIIe s.

  • Écrit par 
  • Patrick DANDREY
  •  • 7 323 mots

Dans le chapitre « La poésie »  : […] En poésie, par exemple, parmi les quelque quatre cents poètes qui publient entre 1600 et 1630, la modernité du lyrisme véhément de Théophile de Viau , naturaliste, imaginatif et rebelle, diffère en tout de celle de Malherbe , raisonnée et architecturée, coulée dans le moule des formes prosodiques héritées de l’antique, pourtant en rupture revendiquée avec la « passion mythologique » qui caractéris […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/litterature-francaise-xviie-s/#i_5608

MAYNARD FRANÇOIS (1582-1646)

  • Écrit par 
  • Jean MARMIER
  •  • 339 mots

Son principal biographe n'a pas réussi à imposer l'orthographe Mainard. Fils d'un conseiller au parlement de Toulouse, il est reçu avocat, puis, attiré par les lettres, vient à Paris comme secrétaire de la reine Margot à l'hôtel de Sens, rendez-vous de poètes (1605 ?). C'est alors qu'il aurait écrit le Philandre , poème pastoral d'authenticité contestée ; il rime aussi avec soin des pièces obscène […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-maynard/#i_5608

Pour citer l’article

Antoine ADAM, « MALHERBE FRANÇOIS DE - (1555-1628) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-de-malherbe/