GOYA FRANCISCO (1746-1828)

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Un peintre espagnol du XVIIIe siècle

Les débuts de la carrière du peintre n'auguraient pas un destin aussi exceptionnel. Né dans le petit village aragonais de Fuendetodos, d'une famille modeste, Francisco de Paula Goya y Lucientes connut dans sa jeunesse des moments difficiles. Ses tentatives pour percer, à l'occasion des concours triennaux de l'académie de San Fernando, à Madrid, en 1763 et 1766, furent autant d'échecs. La malchance le poursuivit également en Italie où il dut se contenter d'une deuxième place au concours de l'académie de Parme en 1770.

Ses premières œuvres, des peintures religieuses à Nuestra Señora del Pilar (in situ) et au palais Sobradiel (dispersées), à Saragosse, révèlent surtout des talents de metteur en scène, probablement acquis dans la fréquentation du baroque italien. Il y a davantage de sobriété et de vigueur dans les tableaux de la vie de la Vierge dont il orna la chartreuse d'Aula Dei (in situ, très restaurée), voisine de la capitale de l'Aragon. Cette vigueur dépouillée est peut-être l'héritage d'une tradition régionale de la peinture religieuse péninsulaire.

Saint François Borgia assiste un mourant impénitent, F. Goya

Photographie : Saint François Borgia assiste un mourant impénitent, F. Goya

Photographie

Francisco Goya, «Saint François Borgia assiste un mourant impénitent», 1788. Huile sur toile, 330 cm × 300 cm. Chapelle de la cathédrale Saint-François-Borgia, Valence. 

Crédits : J. Martin/ AKG

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En 1775, grâce à la protection de son beau-frère, Francisco Bayeu, Goya est engagé dans l'équipe de peintres chargés d'enrichir la collection de la manufacture royale de tapisseries de Sainte-Barbe, à Madrid. Ses cartons sont de véritables tableaux dans la tradition française et flamande où dominent les scènes de genre, les thèmes galants, ainsi que de séduisants croquis de la vie madrilène : Le Jeu de colin-maillard (La Gallina ciega), L'Ombrelle (El Quitasol), La Foire de Madrid (La Feria de Madrid), Le Printemps (Las Floreras), Les Vendanges (La Vendimia), œuvres qui sont toutes conservées au Musée national du Prado, à Madrid. À la même veine appartiennent les délicieuses compositions décoratives exécutées en 1787 pour la propriété de campagne que le duc d'Osuna possédait aux portes de Madrid : L'Escarpolette [El Columpio] (Prado, Madrid). Le sommet de cet art aimable est peut-être atteint avec La Prairie de Saint-Isidore [La Pradera de [...]

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Le Duc de Wellington, F. Goya

Le Duc de Wellington, F. Goya
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Saint François Borgia assiste un mourant impénitent, F. Goya

Saint François Borgia assiste un mourant impénitent, F. Goya
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Le sommeil de la raison engendre les monstres

Le sommeil de la raison engendre les monstres
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L'Inquisition dénoncée par Goya

L'Inquisition dénoncée par Goya
Crédits : AKG

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  • : professeur émérite d'histoire de l'art à l'université de Toulouse-Le-Mirail

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Pour citer l’article

Marcel DURLIAT, « GOYA FRANCISCO - (1746-1828) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francisco-goya/