FRANCEL'année politique 2009

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Une crise économique et sociale grave en quête de réponses

La France a été, comme les autres pays, touchée par la crise économique, sociale et financière, même si l'importance de la fonction publique et le système social en ont amorti le choc (diminution du P.I.B. de 2,3 p. 100 en 2009 contre plus de 3 p. 100 en moyenne dans la zone euro). La récession se traduit par de nombreuses faillites d'entreprises, engendrant plus de trois cent cinquante mille destructions d'emplois en 2009 et des perspectives d'embauche plus sombres, une chute de la consommation et des difficultés pour les ménages endettés, ainsi qu'une plus grande prudence des banques dans l'octroi des crédits, malgré des taux assez favorables. La crise porte également sur la place publique des débats sur la juste répartition des efforts et le niveau de certaines rémunérations.

Parce qu'il s'était engagé sans hésitation dans un plan de sauvetage des banques en 2008, le gouvernement peut exiger de ces dernières une certaine discipline dans les rémunérations. Ainsi, lors d'une réunion des banquiers à l'Élysée à la fin d'août, ceux-ci acceptent d'encadrer la part variable de la rémunération des dirigeants. La France s'engage aussi sur un contrôle renforcé des bonus, avec la nomination d'un « super-contrôleur » (Michel Camdessus, ancien gouverneur de la Banque de France et ancien directeur général du F.M.I.). Alors que cette voie avait été d'abord écartée, le gouvernement décide en décembre, à l'unisson avec le Royaume-Uni, une taxation exceptionnelle de 50 p. 100 des bonus des traders. Paris pousse surtout, en particulier lors de la réunion du G20 de Pittsburgh en septembre, à l'élaboration de règles internationales de régulation financière. Sur le plan interne, le gouvernement refuse de donner un mandat aux banques n'appliquant pas les règles. Parallèlement, compte tenu des difficultés de l'accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises, il crée un fonds de consolidation et de développement des entreprises.

L'essentiel des mesures prises pour lutter contre la crise concernent toutefois la revitalisation du tissu économique, avec une priorité marquée donnée à l'investissement, dont est principalement responsable le ministre chargé de la Mise en œuvre du plan de relance, Patrick Devedjian (27 milliards d'euros injectés dans l'économie jusqu'à la fin de 2009). Participe aussi de ce soutien à l'activité le lancement d'un programme ferroviaire ambitieux avec l'objectif, certes lointain (2020), d'un doublement des lignes à grande vitesse (2 000 km de voies nouvelles, soit 70 milliards d'euros), plan qui devait toutefois susciter de fortes polémiques concernant son financement. Si la diminution de la T.V.A. dans la restauration n'a que des effets très modestes en raison d'une répercussion limitée sur la baisse des prix, d'autres mesures viennent soutenir la consommation, en particulier un plan d'aide aux ménages défavorisés de 2,6 milliards d'euros, annoncé au cours du sommet social de février. Comme dans d'autres pays, la prime à la casse dans le secteur automobile bénéficie aux constructeurs français, même si l'on anticipe une forte chute des ventes lorsque cette aide prendra fin.

À moyen terme, le gouvernement compte sur le grand emprunt, annoncé en juin par le président de la République, pour développer l'investissement dans les secteurs jugés prioritaires. Préparé par une commission présidée par deux anciens Premiers ministres, Michel Rocard et Alain Juppé, son montant autant que son principe, compte tenu des déficits record, a fait l'objet de débats. Si le conseiller spécial du président de la République, Henri Guaino, ainsi que certains parlementaires, s'étaient prononcés en faveur d'un montant de 100 milliards d'euros, la commission propose la somme de 35 milliards, le président de la République arbitrant à la mi-décembre en faveur de 22 milliards levés sur les marchés, les 13 autres milliards provenant du remboursement des sommes prêtées aux banques. Un commissaire général à l'investissement, René Ricol, ancien médiateur du crédit, est chargé de gérer l'utilisation des fonds sous le contrôle d'une commission de surveillance présidée par les deux anciens Premiers ministres.

Quelle que soit l'appréciation des mesures de moyen et long termes, dans le court terme la crise est lourde de conséquences pour les bassins d'emplois déjà très touchés. Malgré les mesures d'accompagnement social et les emplois aidés, à la fin d'octobre, le chômage atteint le nombre de trois millions sept cent quatre-vingt-huit mille deux cents personnes (sans-emploi et personnes à l'activité très réduite), et plus de 4 millions en incluant les départements et régions d'outre-mer, soit 25 p. 100 de plus qu'à la fin d'octobre 2008 (augmentation de plus de 28 p. 100, même pour les travailleurs âgés et les jeunes de moins de vingt-cinq ans).

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France : élections européennes 1979-2014 (pourcentage)

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France : élections européennes 1979-2014 (sièges)

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Dominique de Villepin, 2009

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  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Pour citer l’article

Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2009 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-l-annee-politique-2009/