FRANCE (Histoire et institutions)Formation territoriale

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Des dominations féodales à l'administration royale

En 1498, à la mort de Charles VIII, la frontière du sud-ouest laisse en dehors du royaume le Roussillon et la Cerdagne, acquis par Louis XI en 1462-1463 et abandonnée par Charles VIII au traité de Barcelone (1493), avant son expédition d'Italie. Au sud-est, la Provence et le Dauphiné font partie du royaume, mais non le comté de Nice et naturellement pas la Savoie, qui forme un duché indépendant. La « comté » de Bourgogne (la Franche-Comté), à l'est de la Saône, appartient aux Habsbourg, comme partie de l'héritage bourguignon de Charles le Téméraire, avec le Charolais enclavé dans le duché de Bourgogne réuni par Louis XI au domaine. La frontière suit grossièrement les cours de la Saône et de la Meuse, excluant Verdun. Elle rejoint ensuite la Manche au sud de Calais. Si le comté de Boulogne appartient au roi de France, l'Artois, la Lorraine, les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun), l'Alsace sont terres étrangères, relevant de la maison d'Autriche, du Saint Empire ou d'autres dominations.

France : formation territoriale, de 1461 à 1610

Dessin : France : formation territoriale, de 1461 à 1610

Naissance de la France moderne, de l'avènement de Louis XI à la mort d'Henri IV (1461-1610). Il n'est tenu compte que des acquisitions territoriales à l'intérieur des frontières actuelles de la France métropolitaine. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher

La réunion des grands fiefs

Le rattachement de la Bretagne

À l'avènement de Louis XII, il subsiste à l'intérieur du royaume un certain nombre de grands fiefs : les diverses branches de la maison d'Orléans possèdent, au centre du pays, les duchés de Bourbon et d'Auvergne, les comtés de Clermont-en-Beauvaisis, de Vendôme et de Sancerre, le Forez et le Beaujolais. La maison d'Alençon tient le duché du même nom, avec le comté du Perche, celui de Foix-Albret, des terres du Sud-Ouest au pied des Pyrénées, le Béarn en toute souveraineté et le comté de Dreux. Mais, en 1498, la Bretagne est en voie de rattachement au royaume.

Le 19 août 1488, le traité du Verger scellait la défaite de François II de Bretagne devant Charles VIII. La présence des troupes françaises à Dinan et à Saint-Malo obligeait le duc de Bretagne à promettre d'expulser les étrangers ennemis du roi et à ne jamais marier ses filles, Anne et Isabeau, sans le consentement du roi de France. Un mois plus tard, François II mourait, et aussitôt la cour de France réclamait la tutelle des deux princesses. Le maréchal de Rieux essayait de donner Anne à Alain d'Albret ; mais, à la fin de l'année 1490, un mariage par procuration l'unissait à Maximilien d'Autriche. La menace était fort grave pour le roi de France, dont les troupes occupèrent aussitôt le duché, à l'exception de Rennes, où s'était réfugiée Anne de Bretagne. En décembre 1491, le dénouement fut, après l'annulation du mariage avec Maximilien, l'union d'Anne de Bretagne et de Charles VIII. Les époux se faisaient cession réciproque de leurs droits sur le duché. Anne s'engageait, si Charles venait à mourir sans enfants, à épouser son successeur.

En janvier 1499, Anne de Bretagne se remaria donc avec Louis XII, mais elle s'attacha à préserver l'indépendance du duché, qui devait passer au puîné des enfants royaux pour maintenir la séparation d'avec le royaume. Louis XII reconnut les libertés bretonnes : conservation des États, nomination des officiers par la reine-duchesse, etc. En 1504, il fut décidé que Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, épouserait Charles de Luxembourg, le futur Charles Quint. Le roi revint heureusement sur ce projet qui aurait restauré la situation de 1490, et fiança « Madame Claude » à l'héritier de la couronne, François d'Angoulême.

Les efforts d'Anne de Bretagne pour assurer l'autonomie du duché allaient être réduits à néant par les décisions de François Ier. En juin 1515, il faisait signer à son épouse un acte par lequel elle lui abandonnait la province, et elle consentit plus tard à ce que la Bret [...]

François Ier

Photographie : François Ier

François Ier (1494-1547), roi de France (1515-1547). 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 20 pages

Médias de l’article

France : formation territoriale, de 1461 à 1610

France : formation territoriale, de 1461 à 1610
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

François Ier

François Ier
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Henri II

Henri II
Crédits : Hulton Getty

photographie

La Ratification du traité de Münster, G. ter Borch

La Ratification du traité de Münster, G. ter Borch
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

  • : chargé d'enseignement à la faculté des lettres et sciences humaines de Nantes

Classification

Autres références

«  FRANCE  » est également traité dans :

FRANCE - Vue d'ensemble

  • Écrit par 
  • Serge BERSTEIN
  •  • 1 049 mots

Finistère du continent eurasiatique, ouverte sur le grand large par trois façades maritimes, bénéficiant, par sa situation en latitude qui la place à mi-distance de l'équateur et du pôle Nord, d'un climat tempéré, la France voit alterner sur son territoire les grandes zones de plaines et de plateaux des bassins sédimentaires et fluviaux et les reliefs montagneux situés sur sa périphérie, à l'excep […] Lire la suite

FRANCE (Le territoire et les hommes) - Géologie

  • Écrit par 
  • Jean AUBOUIN, 
  • Jean COGNÉ, 
  • Michel DURAND-DELGA, 
  • François ELLENBERGER, 
  • Jean-Paul von ELLER, 
  • Jean GOGUEL, 
  • Charles POMEROL, 
  • Maurice ROQUES, 
  • Étienne WINNOCK
  •  • 16 657 mots
  •  • 25 médias

L'Europe centrale et occidentale contraste avec la plupart des autres masses continentales par le compartimentage de son relief et du tracé de son littoral, compartimentage qui traduit celui de sa structure géologique et explique sans doute certains aspects de son développement historique. On peut cependant, malgré les irrégularités de leurs tracés, distinguer de grandes zones, correspondant aux p […] Lire la suite

FRANCE (Le territoire et les hommes) - Données naturelles

  • Écrit par 
  • Jacqueline BEAUJEU-GARNIER, 
  • Estelle DUCOM
  •  • 4 872 mots
  •  • 3 médias

544 435 kilomètres carrés, 65,7 millions d'habitants (2013), telles sont les données majeures de l'espace français, ce qui le classe au 42e rang pour la superficie et au 21e rang pour la population, parmi les États du monde.Dix-neuf fois plus petit que celui des États-Unis, trente-deux fois plus petit que celui de la Russie, le territoire métropolitain […] Lire la suite

FRANCE (Le territoire et les hommes) - Un siècle de politique économique

  • Écrit par 
  • Pascal GAUCHON, 
  • Philippe LÉGÉ
  •  • 21 046 mots
  •  • 3 médias

« La France est hantée par l'idée de déclin. » La formule de Christian Stoffaës résume de façon percutante l'histoire économique française depuis le début du xxe siècle, ou plutôt la manière dont les Français ont vécu cette histoire.L'idée qu'il existe un « retard français » est, en effet, une constante sur le long terme. Les comparaisons qui sont éta […] Lire la suite

FRANCE (Histoire et institutions) - Naissance d'une nation

  • Écrit par 
  • Jacques LE GOFF
  •  • 8 953 mots
  •  • 11 médias

Si la Gaule romaine peut apparaître avec le recul des siècles comme une ancêtre de la France, les territoires qui devaient constituer celle-ci ne formèrent que lentement, au cours du Moyen Âge, la préfiguration de son entité nationale. Divisée au lendemain des grandes invasions du v […] Lire la suite

FRANCE (Histoire et institutions) - L'État monarchique

  • Écrit par 
  • Jehan de MALAFOSSE
  •  • 7 583 mots
  •  • 1 média

Liberté, égalité, ces deux principes constituent, en 1789, les fondements de l'ordre nouveau, mais plus encore la négation radicale de l'ancien droit français, en ce qui concerne tant la conception de l'État que celle des droits individuels. L'explosion individualiste de la Révolution française a gagné toute l'Europe, tandis qu'elle a profondéme […] Lire la suite

FRANCE (Histoire et institutions) - Le temps des révolutions

  • Écrit par 
  • Sylvain VENAYRE
  •  • 6 926 mots
  •  • 8 médias

Dès le début de l'année 1789, alors que se préparait la réunion des États généraux voulue par le roi Louis XVI, on parlait, en France, d'« Ancien Régime ». Les événements ultérieurs donnèrent à l'expression une dimension radicale qu'elle n'avait pas nécessairement dans son principe. Il n'empêche que la période qui s'ouvre en 1789 fut bien d'abord marq […] Lire la suite

FRANCE (Histoire et institutions) - La France d'aujourd'hui

  • Écrit par 
  • Serge BERSTEIN
  •  • 6 686 mots
  •  • 7 médias

La France libérée en 1945 est un pays en ruine, usé par une décennie de crise économique puis cinq années d'occupation. Or, durant la seconde moitié du xxe siècle, elle va connaître une spectaculaire mutation de ses structures économiques, sociales, politiques, culturelles, entraînant des transformations de l'existence quotidienne des Français comme l […] Lire la suite

FRANCE (Histoire et institutions) - Le droit français

  • Écrit par 
  • Jean-Louis HALPÉRIN
  •  • 7 138 mots
  •  • 2 médias

Qu'est ce que le droit français ? Si les enseignants spécialisés dans une branche particulière de ce droit n'éprouvent pas le besoin de répondre à une telle question, une présentation générale de cet « objet scientifique » nécessite quelques préalables méthodologiques. Les juristes positivistes considèrent qu'à chaque État correspond – et même s'identifie – un […] Lire la suite

FRANCE (Arts et culture) - La langue française

  • Écrit par 
  • Gérald ANTOINE, 
  • Jean-Claude CHEVALIER, 
  • Loïc DEPECKER, 
  • Françoise HELGORSKY
  •  • 15 783 mots
  •  • 1 média

Pour rendre compte de l'évolution d'une langue, le linguiste distingue traditionnellement deux sortes de facteurs : des facteurs internes, c'est-à-dire des mécanismes de changements proprement linguistiques, dus aux modifications et au réaménagement des systèmes, et des facteurs externes, à savoir les modifications de la société, des techniques, etc., ainsi que les événements historiques. Ces caus […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Yves DURAND, « FRANCE (Histoire et institutions) - Formation territoriale », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-histoire-et-institutions-formation-territoriale/