FRANCEL'année politique 2010

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Une crise économique et sociale qui reste inquiétante

Si le taux de croissance s'améliore sensiblement, ce qui devrait porter l'augmentation du P.I.B. à 1,6 p. 100 en 2010 (contre une baisse de 2,3 p. 100 en 2009), le chômage augmente de plus de 2 p. 100 en 2010. D'autres signaux restent aussi alarmants. D'abord, un décrochage significatif s'est produit par rapport à l'Allemagne (dont la croissance annoncée est de 3,6 p. 100 après une récession de 4,7 p. 100 en 2009, plus forte que celle de la France), qui bénéficie de la structure de son économie tirée par les exportations, notamment à destination des pays émergents, alors que le commerce extérieur français est orienté au deux tiers sur l'Europe, dont la croissance est plus mesurée. Ensuite, l'investissement tarde à reprendre dans un contexte de surcapacité relative et de compétitivité trop faible. L'accès au crédit reste également problématique pour de nombreuses entreprises petites et moyennes, malgré des taux d'intérêt qui demeurent historiquement bas. Quant au pouvoir d'achat, qui ne devrait augmenter que de 1,4 p. 100 en 2010, il reste trop faible pour espérer une reprise notable de la consommation, dans un pays où un cinquième des Français perçoivent un revenu du niveau du S.M.I.C. En même temps, les entreprises du CAC 40 ont enregistré de bons résultats, grâce à une politique rigoureuse de compressions des coûts.

Dans ce contexte préoccupant, le gouvernement est obligé d'agir simultanément sur trois tableaux. D'abord, il lui faut poursuivre une politique fondée sur les investissements d'avenir et les secteurs innovants. Dans cette perspective, le grand emprunt, décidé en juin 2009 (22 milliards levés sur les marchés, 13 milliards provenant du remboursement des sommes prêtées aux banques), est toujours considéré comme un instrument majeur. Ensuite, compte tenu de l'endettement de la France (plus de 1 500 milliards d'euros) et du poids sur le budget du remboursement de la dette, le gouvernement s'est engagé dans une politique de réduction du déficit dans un contexte de croissance du risque souverain en Europe. Enfin, dans le cadre d'une contestation accrue des inégalités entre les catégories sociales, le président de la République a annoncé, dans une allocation télévisée de novembre 2010 consécutive au remaniement ministériel, des ajustements importants de la fiscalité, qui devraient signifier une pause dans la politique de réduction du montant des prélèvements obligatoires mise en œuvre jusqu'à présent.

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Écrit par :

  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Pour citer l’article

Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2010 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-annee-politique-2010/