FORMULE, chimie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Équation chimique

L'équation chimique fait intervenir uniquement la formule brute, celle au contenu informationnel le plus pauvre. Un exemple en est CO2 + H2O = H2CO3. Cette équation exprime une réaction, par laquelle une molécule d'eau s'additionne à une molécule de gaz carbonique. Cette équation est muette sur la géométrie du processus, puisque la molécule du produit H2CO3 est évoquée seulement par sa formule brute. Elle ne nous renseigne pas sur les modalités de la transformation : La molécule d'eau vient-elle s'installer sur l'atome central de carbone ou sur les atomes latéraux d'oxygène ? Vient-elle attaquer par l'un de ses deux atomes d'hydrogène ou par l'atome d'oxygène central ?

Une équation chimique est un acte comptable. Elle vise, en faisant le bilan d'une transformation, à respecter les lois de conservation, celle de la conservation de la masse en particulier. Dans l'exemple ci-dessus, on constate à gauche et à droite du signe = la présence d'un atome de carbone, de trois atomes d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène. Ce n'est que dans les réactions nucléaires qu'on assiste à des transmutations des atomes.

De même que les mathématiciens ne font qu'exceptionnellement des calculs numériques, les chimistes écrivent peu d'équations. Elles sont plutôt le fait des ingénieurs-chimistes, qui ont des usines à faire tourner, et pour lesquels les quantités de matières premières et les rendements sont des considérations prioritaires.

L'équation chimique est une fiction. Réunissant par une flèche → ou par le signe = les réactants mis en présence (CO2 + H2O) et les produits qui en découlent (H2CO3), elle donne l'illusion d'une transformation à vue de l'état initial vers l'état final, gommant les stades intermédiaires.

Bien peu de transformations chimiques obéissent à une telle description, allant d'un état initial donné à un état final lui aussi bien défini. La meilleure analogie qu'on puisse offrir d'un tel traitement est le fait d'accompagner le nom d'un personnage de ses seules dates de naissance et de décès, sa biographie, pourtant plus intéressante, étant omise.

L'é [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'École polytechnique et à l'université de Liège (Belgique)

Classification


Autres références

«  FORMULE, chimie  » est également traité dans :

CHIMIE - La nomenclature chimique

  • Écrit par 
  • Nicole J. MOREAU
  •  • 5 112 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Formules »  : […] Les blocs de base de la nomenclature systématique sont les noms des éléments, qui sont triviaux, et leurs symboles. Pour représenter les substances chimiques, on utilise des formules , qui sont des assemblages des symboles. Les formules sont très utiles pour indexer les composés, et aussi quand les noms deviennent complexes. On rappellera comment sont conçues les formules, no […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-la-nomenclature-chimique/#i_41509

FONCTION, chimie

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 249 mots

En chimie, la signification du mot « fonction » est proche de celles de l'indice pour le détective, ou de la caractéristique pour l'historien de l'art, et non de l'acception qu'il a pour un mathématicien ou un biologiste. La fonction est en effet un atome, ou le plus souvent un groupement d'atomes ou groupement fonctionnel, montrant une palette caractéristique de réactions. Par exemple, la foncti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fonction-chimie/#i_41509

ISOMÉRIE, chimie

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 787 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les avancées de Kekulé et de Lewis »  : […] En 1865, Friedrich August Kekulé von Stradonitz émit l'hypothèse que les molécules dites aromatiques avaient en commun le cycle benzénique C 6 A 6 , où A est un atome quelconque. La notion de molécule cyclique, d'une chaîne refermée sur elle-même, venait élargir le champ de la structure moléculaire. L'hypothèse de Kekulé allait de pair avec la structure qu'il avançait pour la molécule de benzène […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/isomerie-chimie/#i_41509

ORGANIQUE CHIMIE

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER, 
  • Charles PRÉVOST
  •  • 7 019 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les théories de la chimie organique »  : […] À peine promue au rang des véritables sciences après Lavoisier, la chimie organique devait connaître un essor prodigieux entre 1800 et 1900 ; de quelques dizaines de produits naturels elle passait à quelque 350 000 composés, dont la majorité provenaient de semi-synthèses. On comprendrait mal ces progrès si l'on faisait abstraction des théories qui les ont largement épaulés. Laissant de côté la th […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-organique/#i_41509

RADICAL, chimie

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 574 mots

En chimie, la notion de radical trouve son origine, vers les années 1830-1840, en une problématique venue de la philologie, une nouvelle discipline alors influente. Les philologues s'intéressaient aux racines des mots, et les chimistes ne furent pas en reste. Ils s'intéressèrent à la racine de cet équivalent du mot qu'est une formule représentant une molécule et ils dénommèrent « radical » cette […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/radical-chimie/#i_41509

STÉRÉOCHIMIE - Stéréochimie organique

  • Écrit par 
  • Henri B. KAGAN, 
  • Charles PRÉVOST
  •  • 14 210 mots
  •  • 5 médias

On trouvera dans l'article chimie organique le principe des méthodes qui ont conduit à l'établissement des formules développées planes. On va montrer ici pourquoi ces formules planes sont encore insuffisantes. Désignant provisoirement par X, Y, Z, T (X′, Y′, Z′, T′) des substituants mono-atomiques tous différents, on est appelé à représenter par la formule plane (1) un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stereochimie-stereochimie-organique/#i_41509

STRUCTURE, chimie

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 342 mots

L'idée de structure remonte aux philosophes grecs de l'Antiquité. Les polyèdres platoniciens faisaient se rejoindre la religion pythagoricienne du nombre et une prise en compte géométrique de la matière. Cette même notion a durablement imprégné la chimie. La description de la forme des molécules, et celle de leurs proches parents les complexes, usent de cette syntaxe depuis plusieurs siècles. La f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/structure-chimie/#i_41509

TYPES THÉORIE DES, chimie

  • Écrit par 
  • Pierre LASZLO
  •  • 1 007 mots

Il est courant pour une théorie scientifique d'être remplacée par une théorie plus large, qui donc l'englobe. La nouvelle théorie est dotée d'une plus grande extension, et prévaut aussi par un plus grand pouvoir explicatif et une aptitude à prédire davantage de résultats, à confronter avec ceux de l'expérience. La théorie des types vient ainsi s'intercaler, dans l'histoire de la chimie, entre deux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theorie-des-types-chimie/#i_41509

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre LASZLO, « FORMULE, chimie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/formule-chimie/