FONDS RÉGIONAUX D'ART CONTEMPORAIN ou F.R.A.C., France

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Institution unique au monde, imaginée dans le cadre des lois Defferre de 1982 sur la décentralisation, les fonds régionaux d'art contemporain ou F.R.A.C. (un par région métropolitaine, plus La Réunion) sont de mieux en mieux connus du grand public. Leurs collections, qui regroupent à ce jour plus de vingt-six mille œuvres, constituent un patrimoine considérable qui semble devoir s'inscrire durablement dans l'aménagement culturel de la France. Liés à la création plastique la plus vivante, les F.R.A.C., après avoir fêté leurs trente ans d'existence en 2012-2013 s'interrogent sur leur devenir. S'agit-il pour eux d'insister sur la notion de « fonds » ou sur celle de « collection », plus facilement identifiable ? Comment, par ailleurs, convient-il de situer leur rôle par rapport aux centres d'art et aux musées consacrés à l'art contemporain ? À ces questions qui se posent avec acuité, au niveau des instances de décision nationales et régionales, les réponses proposées sont loin d'être univoques.

Les F.R.A.C., une pédagogie de l'art contemporain

Créés en 1982 par Claude Mollard, premier délégué général aux arts plastiques, dans le cadre d'une politique gouvernementale de décentralisation volontariste et radicale, les F.R.A.C. furent baptisés régionaux pour affirmer leur vocation spécifique face au Fonds national d'art contemporain. Le ministère de la Culture avait vu alors son budget multiplié par deux, et Jack Lang souhaitait que l'on agisse vite. Dans la plupart des cas, la structure juridique adoptée sera celle d'une association de type loi de 1901, aux contours ambigus dans la mesure où droit privé et mission de service public se trouvent mêlés, ce qui pourrait à long terme poser quelques problèmes au sujet de l'inaliénabilité des œuvres (en cas de dissolution de l'association, notamment). Les trois missions majeures des F.R.A.C., telles qu'elles furent définies alors, peuvent se résumer ainsi : acquérir et créer dans chaque région un ensemble de collections d'art contemporain ; sensibiliser le public de chaque région à toutes les formes d'art vivant ; participer enfin au développement et à la diffusion de l'art contemporain dans des lieux peu utilisés jusque-là pour ce type de confrontation. Il s'agissait aussi de dynamiser un marché de l'art hexagonal qui avait tendance à vivre en autarcie et de conforter une création artistique qui en avait le plus grand besoin.

Renouveler aussi rapidement les habitudes et les données artistiques des régions en impliquant dans l'aventure les élus locaux n'allait pas sans risque et devait forcément entraîner, dans un premier temps, ratés, maladresses et gaspillages. Dans les musées, certains conservateurs, tenus à l'écart du projet comme de la manne financière, s'interrogeaient sur la bonne conservation des œuvres et sur leur devenir. On parle alors d'anti-musée, d'envers du musée, ou encore de musées sans mur, et les sceptiques ne manquent pas d'ajouter : « Est-ce que le F.R.A.C. doit disparaître ou est-ce qu'il doit se transformer ? » En 1986, le conservateur de musée Dominique Bozo est nommé délégué général aux arts plastiques. À la demande de François Léotard, nouveau ministre de la Culture, il rédige un rapport dans lequel il s'inquiète de la hâte avec lesquels certains F.R.A.C. ont été mis en place et du flou entourant leur fonctionnement ; l'émiettement des crédits et le nombre d'achats mineurs – il parle de « saupoudrage » – au détriment d'une politique ambitieuse le préoccupent tout particulièrement. Force est alors de constater que, après une période de tâtonnements, un véritable patrimoine artistique se constitue, avec une très grande volonté de qualité dans certaines régions, avec difficulté dans d'autres, à la limite de l'échec aussi pour un petit nombre de F.R.A.C., lorsqu'il ne s'agit pas d'échec tout court. À titre d'exemples malheureux, on pourrait citer le F.R.A.C. Île-de-France, qui, rompant en 1986 avec la logique commune de financement paritaire entre l'État et la région, obtient le soutien financier de la Ville de Paris qui lui permet d'affirmer son [...]

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MAUBANT JEAN-LOUIS (1943-2010)

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Pionnier de la diffusion de l'art contemporain en Rhône-Alpes et en France, Jean-Louis Maubant est né en 1943 au Havre. Après des études de sociologie conduites à l'université de Grenoble et de Lyon, il devient journaliste. Passionné d'art contemporain, il présente plusieurs expositions à l'Espace lyonnais d'art contemporain dans le quartier de Perrache. À cette occasion, il est invité à étudier […] Lire la suite

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Maïten BOUISSET, Julie VERLAINE, « FONDS RÉGIONAUX D'ART CONTEMPORAIN ou F.R.A.C., France », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fonds-regionaux-d-art-contemporain-ou-f-r-a-c-france/