F.M.I. (Fonds monétaire international)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) a été créé à l’occasion des accords de Bretton Woods, conclus en juillet 1944, par quarante-quatre États en guerre contre les puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon).

Sentant s'approcher la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces États voulurent mettre en place une institution à même de coordonner les politiques monétaires, destinées à favoriser la reconstruction et le développement économique.

Le FMI a été officiellement fondé le 27 décembre 1945, lorsque vingt-neuf pays ont ratifié ses statuts, avec une mission clairement définie : réguler le système monétaire international de changes fixes, en mettant fin aux fréquentes dévaluations compétitives utilisées au cours des années 1930, et favoriser l’expansion du commerce mondial. Parallèlement, une institution sœur complémentaire, la Banque mondiale, est créée en vue de fournir des prêts destinés à financer, à plus long terme, des projets sains de reconstruction et d'équipement, initialement en Europe de l’Ouest, puis surtout dans les pays en développement.

La fin de la convertibilité du dollar en or, en 1971, puis la promotion d’un système monétaire international taux de changes flexibles, en 1976, ont modifié le rôle du FMI de manière fondamentale. Veillant au départ à la stabilité des parités, le FMI a progressivement rempli un rôle d’assistance financière à des pays en crise de balance de paiements, y compris des pays développés. Un deuxième pas a été franchi au tournant des années 1980, avec l'apparition de la notion de « pays pauvres très endettés », notamment africains et latino-américains, dans lesquels le Fonds est intervenu. Au tournant des années 1990, l’institution a procuré une assistance financière aux pays issus du bloc communiste en transition vers l’économie de marché. Enfin la crise qui a secoué l'Asie et l'ensemble des pays émergents à partir de l'été de 1997 a remis en cause la doctrine d’intervention traditionnelle du FMI Sous l'impulsion notamment de l'un de ses directeurs généraux, le Français Michel Camdessus, et devant la pression de gouvernements et de très virulentes organisations non gouvernementales (ONG), qui l'ont accusé de faire payer aux populations locales le prix fort en contrepartie des prêts accordés, le Fonds a dû s'adapter et étendre son rôle à la prise en charge d'actions spécifiques de lutte contre la pauvreté, de concert avec la Banque mondiale, et à la surveillance des systèmes bancaires en difficulté.

Au départ, le dollar, hégémonique, est l'unité de compte du Fonds. Le Fonds n'est pas doté alors d'une unité de compte propre. Ce n'est qu'en 1969 que l'assemblée annuelle, réunie à Rio de Janeiro, crée des droits de tirage spéciaux (DTS) comme avoir de réserve complémentaire au dollar et unité de compte officielle, définie sur la base d'un ensemble pondéré de seize monnaies, base régulièrement corrigée. Il s'agissait de fournir les liquidités nécessaires au bon fonctionnement du système monétaire international, à une époque où la création de dollars indispensables à l'expansion de l'économie mondiale était ressentie comme insuffisante.

Doté d'un siège à Washington, le FMI compte en 2013 cent quatre-vingt-huit États membres.

La naissance du FMI

Lorsque les participants à la conférence de Bretton Woods se réunirent en juillet 1944, étaient encore sensibles sensibles au profond désordre économique de l'entre-deux-guerres, marqué notamment par le grand krach de Wall Street en 1929 et la terrible dépression économique que ce dernier avait provoquée. Les politiques monétaires restrictives, qui avaient accentué la récession mondiale, étaient aussi dans les mémoires. Ils se rappelaient enfin que le système de l'étalon-or, en vigueur de 1870 à 1914, avait apporté la stabilité des changes, la libre convertibilité des monnaies et une forte expansion du commerce et des investissements mondiaux.

La conférence avait déjà été préparée par des travaux menés en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Ces deux pays avaient décidé, dès 1941, de jeter les bases d'un nouveau système, capable d'assurer la stabilité de l'économie mondiale d'après guerre. Deux conceptions s'affrontaient alors, même si toutes les deux reposaient sur l'idée commune que les conflits commerciaux et l’absence de coordination des politiques économiques durant l'entre-deux-guerres étaient à l'origine de la Seconde Guerre mondiale [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Écrit par :

  • : secrétaire générale adjointe de Confrontation Europe
  • : enseignant en économie européenne à SciencesPo et à l'École normale supérieure, Paris

Classification

Autres références

«  F.M.I. (Fonds monétaire international)  » est également traité dans :

ACCORDS DE BRETTON WOODS

  • Écrit par 
  • Francis DEMIER
  •  • 285 mots
  •  • 1 média

Le système monétaire mis en place à Bretton Woods en 1944 répond, pour les Américains, à la volonté d'éviter les crises monétaires, dont on pensait qu'elles avaient entraîné le protectionnisme, le nationalisme, la guerre. Le système se présente comme un retour à l'étalon or qui, avec un système de change fixe, apparaît comme le gage de la stabilité et d'une règle commune. Il s'en éloigne toutefois […] Lire la suite

ARGENTINE

  • Écrit par 
  • Jacques BRASSEUL, 
  • Romain GAIGNARD, 
  • Roland LABARRE, 
  • Luis MIOTTI, 
  • Carlos QUENAN, 
  • Jérémy RUBENSTEIN, 
  • Sébastien VELUT
  •  • 36 989 mots
  •  • 18 médias

Dans le chapitre « Restructuration de la dette en défaut et amélioration des ratios financiers »  : […] Dans la mesure où cela permettait d'avancer vers la normalisation des relations financières internationales, la restructuration de la dette publique a été un moment important du processus de redressement de l'économie argentine. En mars 2005, le gouvernement du président Kirchner réussit à conclure l'opération de restructuration de la dette. Les obligations non honorées (un peu plus de 81 milliar […] Lire la suite

BANQUE - Économie de la banque

  • Écrit par 
  • Emmanuelle GABILLON, 
  • Jean-Charles ROCHET
  •  • 7 882 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le risque systémique et les mécanismes de contagion »  : […] Le risque systémique désigne le risque d'une propagation à l'ensemble du secteur bancaire de problèmes de solvabilité rencontrés par une institution financière particulière. Bien que certains économistes comme George Kaufman aient soutenu que ce risque de propagation des faillites n'est pas plus préoccupant dans le secteur bancaire que dans les autres secteurs de l'économie, beaucoup d'experts le […] Lire la suite

BANQUE MONDIALE

  • Écrit par 
  • Marie-France BAUD-BABIC, 
  • Olivier MARTY
  •  • 3 206 mots

Dans le chapitre « Organes dirigeants et fonctionnement »  : […] La Banque compte en 2013 cent quatre-vingt-huit États membres qui ont souscrit à son capital, en fonction de leur importance économique respective. Selon ses statuts, avant d'en être membre, un État doit d'abord adhérer au Fonds monétaire international. Le siège de la Banque est basé à Washington et elle compte des antennes dans plus de 100 pays membres. Le capital de la Banque mondiale est compos […] Lire la suite

BOLIVIE

  • Écrit par 
  • Virginie BABY-COLLIN, 
  • Jean-Pierre BERNARD, 
  • Jean-Pierre LAVAUD
  • , Universalis
  •  • 11 762 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Le retour du M.N.R. »  : […] Les élections du 14 juillet 1985 marquent le retour des partis de droite : l'Action démocratique nationaliste (A.D.N.) menée par l'ex-président Banzer arrive en tête (28,5 p. 100 des voix), suivie de très près par le M.N.R. (26,49 p. 100) ; le Congrès élit finalement Paz Estenssoro président de la république. À soixante-dix-sept ans, c'est son troisième mandat. Les deux partis vainqueurs s'uniss […] Lire la suite

BRÉSIL - Le Brésil contemporain

  • Écrit par 
  • Luiz Felipe de ALENCASTRO
  •  • 5 659 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La première présidence de Cardoso (1995-1998)  »  : […] Soutenu par une alliance de centre droit, Cardoso remporte le scrutin présidentiel dès le premier tour, au mois d'octobre 1994. Son principal adversaire, Lula da Silva, candidat de la gauche regroupée autour du P.T., connaît une nouvelle défaite. La victoire de Cardoso est amplifiée par l'élection, dans ce même scrutin, de gouverneurs de son parti, le P.S.D.B., dans les trois États les plus import […] Lire la suite

BRETTON WOODS CONFÉRENCE DE (1944)

  • Écrit par 
  • Alain-Pierre RODET
  •  • 960 mots
  •  • 1 média

Du 1 er au 22 juillet 1944, au moment où la Seconde Guerre mondiale prend fin, une conférence monétaire et financière, placée sous l'égide de ce qui va devenir bientôt l'Organisation des Nations unies, se tient sur la côte est des États-Unis à Bretton Woods (N.H.). Quarante-quatre pays sont représentés à cette conférence qui a été vivement souhaitée par les États-Unis ; l'U.R.S.S., sollicitée, ne […] Lire la suite

CAMEROUN

  • Écrit par 
  • Maurice ENGUELEGUELE, 
  • Jean-Claude FROELICH, 
  • Roland POURTIER
  •  • 12 064 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les tensions entre démocratisation et ajustement structurel »  : […] La transition politique camerounaise est largement tributaire du contexte de fragilisation des bases économiques de l'État. Suite à l'échec du plan d'ajustement structurel conclu en 1988 avec le F.M.I., la Banque mondiale suspend, en juin 1992, ses paiements et remet en cause l'accord de confirmation signé en décembre 1991, contribuant par là même à aggraver la situation financière du Cameroun. Bé […] Lire la suite

CHANGE - Les régimes de change

  • Écrit par 
  • Patrick ARTUS
  •  • 6 880 mots
  •  • 5 médias

La période récente a été marquée par de nombreuses crises spéculatives de change : crises du système monétaire européen en 1992-1993 puis en 1995, crise mexicaine à la fin de 1994, crise des pays émergents en 1997-1998 ; puis 2000-2001 et, dans une certaine mesure, en 2013. Elle a vu aussi la réalisation de l'union monétaire en Europe et la crise de la zone euro à partir de 2009. Ces événements o […] Lire la suite

CHANGE - Le système monétaire international

  • Écrit par 
  • Henri BOURGUINAT, 
  • Gunther CAPELLE-BLANCARD
  •  • 6 570 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les accords de Bretton Woods »  : […] La conférence qui a lieu dans cette petite station proche de Boston, en juillet 1944 , ne compte qu'un petit nombre de délégués (une quarantaine), y compris ceux de l'U.R.S.S. qui ne signeront pas le texte final. Elle aboutit néanmoins à un accord qui, des dizaines d’années plus tard, constitue encore la pierre angulaire de tout l'édifice. Plusieurs de ses dispositions sont devenues caduques, mais […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

17 décembre 2015 France. Renvoi de Christine Lagarde devant la Cour de justice de la République.

) renvoie la directrice générale du F.M.I. Christine Lagarde devant la formation de jugement de la Cour, seule institution habilitée à juger les ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. En août 2014, la C.J.R. avait mis en examen Christine Lagarde pour « négligence » dans l’utilisation des fonds publics pour avoir donné son aval, lorsqu’elle était ministre de l’Économie, à la mise en place d’une procédure d’arbitrage privé dans le dossier opposant l’homme d’affaires Bernard Tapie au Crédit lyonnais au sujet de la revente du groupe Adidas. […] Lire la suite

4-22 octobre 2015 Portugal. Élections législatives sans majorité claire.

La coalition gouvernementale, qui perd la majorité absolue, subit les effets de la politique d’austérité qu’elle a conduite depuis l’octroi par l’Union européenne et le F.M.I., en mai 2011, d’un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros. Le Parti socialiste (centre gauche) d’António Costa progresse avec 32,3 p. 100 des voix et 86 élus, tout comme le Bloc de gauche (radical) de Catarina Martins qui obtient 10,2 p. […] Lire la suite

3-19 août 2015 Union européenne – Grèce. Conclusion de l'accord technique sur le plan d'aide à la Grèce.

), Mécanisme européen de stabilité et F.M.I. – parviennent à un accord technique sur un troisième plan d’aide à Athènes d’un montant de 86 milliards d’euros, en échange de réformes visant à stabiliser le budget et les finances du pays, à soutenir la croissance et la compétitivité de l’économie et à mettre en place une « administration moderne ». Le 14, le Parlement grec approuve le plan d’aide et les réformes prioritaires qui en découlent, par 222 voix contre 64 et 11 abstentions – 32 opposants et les 11 abstentionnistes sont membres de la coalition gouvernementale. […] Lire la suite

5-30 juillet 2015 Union européenne – Grèce. Compromis européen sur un troisième plan d'aide à la Grèce.

et ses arriérés au F.M.I. Le 17 également, Alexis Tsipras remanie son gouvernement, se séparant des ministres opposés au compromis conclu le 13. Le 20, les banques grecques rouvrent leurs portes. Le contrôle des capitaux est maintenu. Le 30, le F.M.I. annonce qu’il subordonne sa participation au prochain plan d’aide à la Grèce à l’engagement « concret » des instances européennes à restructurer la dette publique grecque qu’il juge « insoutenable ». […] Lire la suite

4-30 juin 2015 Grèce – Union européenne. Rupture des négociations entre la Grèce et ses créanciers.

Le 29, alors que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, accuse Alexis Tsipras de l’avoir « trahi », le Premier ministre grec impute l’échec des négociations aux créanciers, et notamment au F.M.I. qui aurait rejeté les propositions faites par Athènes le 22. Le 30, la Grèce n’honore pas le remboursement de 1,6 milliard d’euros dû au F. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marie-France BAUD-BABIC, Olivier MARTY, « F.M.I. (Fonds monétaire international) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fonds-monetaire-international/