FOLIE (histoire du concept)

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La folie et la science

Cependant, ce régime ne peut fonctionner que si les fous demeurent constamment observés. La folie devient ainsi un objet de connaissance empirique et, pour employer un mot anachronique, psychologique, fort différent de l'objet plus ou moins fantastique qui s'offrait aux spéculations médicales. Mais, « si le nouvel espace de l'internement rapproche, au point de les réunir en un séjour mixte, la folie et la raison, il rétablit entre elles une distance bien plus redoutable, un déséquilibre qui ne pourra plus être renversé, aussi libre que soit la folie dans le monde que lui aménage l'homme raisonnable, aussi proche qu'elle soit de son esprit et de son cœur, elle ne sera jamais pour lui qu'un objet » (M. Foucault). Ce que le Moyen Âge et la Renaissance avaient vu, ce que l'âge classique avait tenté de refouler, à savoir que la folie est un possible de chacun et pour chacun, sera maintenant purement et simplement aboli, car il n'y a rien de commun ni aucun passage entre un sujet possesseur de raison et de science et son objet d'investigation. S'il y a des exceptions, il suffira de lire les auteurs et de s'informer de leur pratique pour s'assurer qu'elles ne vont jamais loin. C'est une question de savoir si l'esprit, voire la pratique psychanalytique, ont pleinement rétabli ce passage, à condition même, c'est une autre question, qu'ils le puissent.

La dissociation positiviste

L'époque positiviste va tirer toutes les conclusions de cet état de choses. Sur le plan de la science, elle défend avec acharnement un idéal immuable, exactement contenu dans le double sens de l'expression pathologie mentale : il n'y a pas d'autre explication ni d'autre cause aux désordres de la conduite, de l'affectivité ou de la pensée que les lésions ou les altérations de la matière cérébrale. À la limite, la psychiatrie se confondra avec la neurologie. L'idéa [...]

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Écrit par :

  • : membre de l'Académie royale de Belgique, membre associé à l'université de Louvain

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histoire » et parle de « faute collective ». En juillet 1942, la police française avait procédé à l'arrestation de près de 13 000 juifs parisiens qui furent parqués dans le Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés en Allemagne. Le chef de l'État reconnaît que « la folie criminelle de l'occupant a été [...] secondée par des Français, secondée par l'État […] Lire la suite

Pour citer l’article

Alphonse DE WAELHENS, « FOLIE (histoire du concept) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/folie-histoire-du-concept/